‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem, premièreChapitre 32 sur 63 · CR0ISA1>£ BE PORTUGAL · texte numérisé non relu

CR0ISA1>£ BE PORTUGAL

Le Dieu que nous invoquions nous a exaucés.

P««iein« 4.

La Croisade prêchée par saint Bernard produisit d'autres résultats. Le Saint-Siège recommandant aux hommes vaillants non-seulement de délivrer F Asie, mais d'étendre les bornes de l'Europe chrétienne, les Saxons et les Danois se croisèrent contre les Slaves y toujours païens, en même temps que des expéditions saintes avaient lieu en Espagne, en Sicile, en Portugal.

. Les Espagnols combattaient toujours les Maures établis parmi eux. Les Siciliens délivraient de jour en jour leur patrie des Sarasins qui en occupaient diverses contrées ; ils les poursuivaient jusqu'en Afrique , et remportaient sur eux de fréquentes victoires , — dans

* Annaks de Flandre, ch. 75.

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le même temps que les Croisés de la Palestine échouaient devant Damas.

Aux bords du Tage, Alphonse I", comte de Portugal, ayant défait cinq rois maures qui tenaient te pays avec des forces imposantes , s'était fait proclamer roi. Il fondait un état dont la durie devait être plu» longue que celle du royaume de Jérusalem. Aidé dtt peuple , dont il assurait tes libeités et tes frandiises , il savait en même temps captiver F affection des seigneurs. Mais les Maures f quoique battus plusieurs (bis par lui , demeuraient toujours , par leur nombre el par les places qu'ils occupaient , dominateurs du Portugal. Son titre de roi n'était encore qu'un mot, si une cir*constance due aux Croisades n'était venue le rendre stable et assurer sa couronne.

Alphonse cherchait depuis long- temps à s'emparer de Lisbonne , qui était restée au pouvoir dea Maures , et que sa situation rendait pour lai d'une haute importance. Il assiégeait cette ville en 1147, avec tous ses chevaliers ; plusteurs mois d'eflforts n'avaient produit qjiie des échecs complets ; à chaque assaut , les Portugais repoussés perdaient courage; enfin, lorsqu'ils apprirent qu'une flotte des Croisés, qui allaient en Orient, venait d'être amenée par les vents dans les bouches du Tage ; — Alphcmse courut à leur rencontre.

— C'est Dieu même qui vous a conduits , dit-il aux soldats de la Croix. Les Infidèles , que vous altez chercher en Asie, sont là sous vos yeux. C'est ici une terre qu'il faut aussi délivrer. Aidez-nous, frères; vous fonderez un noble royaume; vous pui^rez une

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patrie chrétienne , et de riches possessions récompentseront votre valeur.

Ces Croisés étaient composés surtout de Français , de Flamands et de Brabançons , qui allaient rejoindre Louis VII et Thierry d'Alsace. Arnulplie , comte d'Arschot et sénéchal de Brabant , était un de leurs chefs. Amoul , le prédicateur flamand , était avec lui.

— Puisque les ennemis de la Croix sont ici , dit-il , c'est Dieu qui vous les livre.

Les Croisés débarquèrent donc et se joignirent au roi de Portugal. Le siège de Lisbonne fut repris avec une grande vigueur ; et malgré la résistance furieuse des Maures , après quatre mois d'assauts et d'attaques, la ville fut emportée et la garnison passée au fil de l'épée.

Les autres places que retenaient les Sarasins leur furent enlevées rapidement. Le Portugal entier se soumit au roi Alphonse, qui ne se montra pas ingrat. Il donna aux Croisés plusieurs villes, et beaucoup de ces vaillants auxiliaires se fixèrent dans son jeune royaume , croyant avoir assez fait pour la défense de la Croix.

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