ARRIYÉ LB IST OCTOBRE
A Si le propl^te Jérémie revenait dans ce monde , ffurait-il , en ces jours de désastre et de deuil , moins de raison qu autrefois d'inviter le peuple à pleurer sur le malheur de Jérusalem désolée? Aurait-il à faire entendre des chants moins plaintifs sur la tristesse et l'abattement de T infortunée fille de Sion?... Âh! il ne serait pas le seul dont les yeux fussent deux sowces de larmes! . .. PartcHit il renconlrarait des compagnons de sa douleur ! . . .
)» La matinée du i2 octobre fut affreuse; le souvenir de ce jour malheureux arrache un cri de douleur aux cœurs les [dus indifférents , aux cœurs les plus endurcis. Les catholiques, les schismatiques , les hérétiques sont dams F affliction ; les Orientaux, les Ocddmtaux
nu SAINT-SÉPULCRE. ^95
pleurent; les Juifs mêmes verseiit des larmes; il n'y » personne dans la cité sainte , de quelque nation qu'il soit , qui ne partage la douleur et la consternation générales. U église du Saint-Sépulcre , ce monument bâti par sainte Hélène et Constantin avec une magnificence impériale, et conservé par ta piété des dirétîens, ce temple, le plus auguste de T univers, ce temple, qui faisait F admiration des nations les plus éloignées, vient d'être consumé par les flammes! On ignore si c'est Tefifet d'un accident ou de la malice; mais la rsH pidité du feu a été telle, que , dans l'espace de quelques heures , les galeries , les oolonoes , les autels sont anéantis. Yoici quelques détails sur ce dépk)rable événement :
» Dans la nuit du 11 au 12 octobre , vers tes trois heures du matin, le feu commença à se manifester dans la chapelle des Arméniens , située sur la galerie ou terrasse de la grande église du Saint-Sépulwe. L'aide-sacristain des religieux de Saint-François, qui allait visiter les lampes et la chapelle du Calvaire , fut le premier à s'en apercevoir ; et , comme il n'y avait là d'âme vivante qu'un pauvre prêtre arménien, vieillard dont la vue du feu avait comme altéré la raison , il courut aussitôt chercher des secours. Mais la rapidité de la flamme les rendit inutiles; lorsqu'on arriva, elle avait déjà embrasé la chapelle des Arméniens, même leur habitation, ain^i que celle des Grecs, dont une partie était construite en bois sec et peinte à l'huile.
» Les Pères Franciscains, après l'office de minuit, étaient allés se reposer. Réveillés par le bruit étrange qu'ils entendent dans la grande église, ils se lèvent à