JUIFS OB MANTES
d« portes ouvrir, erians et disans au menu peuple et aux habi tants d'ieelle qu'ils alassent ehes les joifs qui y demoaraient «t
que nous leur en avions donné congé, ce que non, et que ceulz de la ville de Paris estoi^nt pilliez. » Les maisons des juifs furent pillées, mais quelques jours après on publia dans la ville, de par lo nti, un blâme sévère contre les fautrnirs, avoc ordre de rapporter ce qui avait été dérobé. Qii» hiue^ habitants se soumirent aussitôt. D'autres ne le firent pas. Ils furent pris et menés au Chàtelet de Paris. Quatre ans après ils obtinrent des lettres de rftmission et en furent quittes pour une amende (i).
Un descendant d'une famille bien décbue mêlé aux pilleries de maisons Juives, avait été emprisonné. C'était uu Oulllaume Mauvoisin « de povre chevance. » Il obtint, trois ans après, des lettres de pardon dans lesquelles sont consignés ces détails : « Néantmoins pour ce que ledit suppliant, après co que 1rs juifs demourans en ladite ville de Mante, furent triboulez et molestez parle commencement de ceuix de Paris (2). »» Il avait emprunté à un juif nommé Croissart de Vezou et avait eu des difû cultés avec lui.
D'ailleurs le Jeune roi et ses conseillers n'étaient rien moins que disposés à diminuer les impôts, sous le fliix duquel pliait le pauvre peuple. On continua à lever le^ aides de toute part et le Pincerais eut pour sa part 5000 liv. à payer. En 1381 Guillaume Aupas, ou mieux Aupers, bourgeois de Mantes en était fermier, et Nicolas de la Héze (Delaclaye?) receveur {3\
La reino Isabeau de Ba\ière, qui devait avoir douze enfants de son niaria-re avec Charles VI, informa parait-il, les habitant-» de Mantes de la naissance de son premier né, en 1380. La lettre est assez curieuse pour être conservée. Le texte nous en a été donné par Chrestien.
« Chers et bien araez, pour ce que nous scavons que tous désirés toufl^jours ce qui peut estre au plaisir, profit et prospérité de Monseigneur (le roi), de nous et du royaume, nous vous aigniflons qu'à notre premier Enfantement, aujourd'hui notn Seigneur, par son bon plaisir, nous a délivrée d'un fils, à la suffisante santé de nous et de rp:nfant. Notre Sei^rneur soit gardé de vous. Ecrit au Bois de Vincennes, le 25 septembre 1386,
(1) Douet d'4req, CAoûb depièee$4u r^Ned* Charles VI,
(2) Jbid,
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et fut né ledit enfant à la douzième heure du jour. » On donna, par délibt^ration de la ville, trente pièces d'or à Henri Vovier, porteur de cette nouvelle, qui n'avait été annoncée qu'aux bourgeois de Paris et de Mantes.
§ 125. La cloche de la paroisse St.-Lubin donnée à Notre-Dame. — En l'an 1407, la plus petite des deux clochettes de Notre-Dame a été faite et fut donnée à la fabrique, quand la fabrique de Saint-Lubin qui était au château pour les ofllciers de la ville qui étaient tous de cette paroisse, fut transférée à Notre-Dame. Sur laquelle cloche sont écrits ces mots : « Le 7" mai 1407, sire Michel Domaire de Mante (sic) »> et ensuite un mot que l'on ne peut lire.
§ 126. Grand hiver. — En l'année 1407, il y eut un grand hiver qui dura depuis le 2v novembre jusqu'à la Madeleine, sans dégeler. Et au dégel, les glaçons emportèrent plusieurs ponts.
§ 127. L'Auditoire bâti. — Il y a de l'apparence que l'Auditoire royal de Mante a été commencé à faire bâtir par les maire et échevins, du règne de Charles six% pendant que Louis onze (sic) duc d'Orléans et de Milan, frère du roi, avait le gouvernement du royaume pendant la maladie du roi, qui était environ l'an 1408; attendu que sur la porte dudit Auditoire, à côté des armes du roi, il se voit les armes dudit duc d'Orléans, écartelées de France et de .Milan, et audessus couronnées, qui était son ordre et devise, nouvellement par lui érigé. Et il y a de l'apparence que ledit bâtiment ne fut lors achevé, à cause des guerres civiles et anglaises, jusque après le mariage de Charles huit avec Anne de Bretagne ; attendu qu'au pignon dudit bâtiment, â côté des armes du roi, sont celles de ladite reine : une partie de France et l'autre de Bretagne,
L'Auditoire, qui sert actuellement de tribunal, est en effet une construction du xv* siècle, mais il est assez difficile de dire si c'est du commencement ou de la fin. Le porc-épic convient aussi bien à Louis d'Orléans, fils de Charles V et régent de France