L'empereur Louis le Pieux mourut le 20 juin
2. Louis, après la mort de son père Louis le Pieux, ne s'allia point avec Lothaire et Pépin contre Charles le Chauve, mais au contraire il s'unit à Charles pour lutter contre Lothaire.
3. Ce chapitre n'est pas très exact au point de vue historique, mais il est intéressant parce qu'il fait connaître quelles étaient les notions générales d'histoire de France, qui avaient cours à Nantes dans la seconde moitié du xie siècle. On était alors beaucoup mieux informé sur l'histoire locale et provinciale que sur l'histoire générale du royaume.
6 CHRONICON [c. m, an. 840-841]
milites et fortes ex pluribus Nantes, que,] en l'aide de
regionibus occurrerunt, inter quos Lambertus1, ex territorio Namnetensi ortus et bene callidus, et Rainaldus2, Pictavensis nobilis miles et magnae potentiae homo, ad adjuvandum Karolum venerunt, requirentes ab illo honores et praemia3, sib bella a fratribus sibi illata vincere posset. His autem contentionibus mediantibus, Francia est devastata et etiam Neustria ac Aquitania, ac monasteria remanserunt déserta et terra vepribus etspinis occupatac. In his autem temporibus Normanni et Dani, primum per mare Océan um ut
l'une et de l'autre part, s'assemblèrent maints nobles chevaliers de plusieurs régions, et que entre les autres alla au roy Charles le comte Lambert qui estoit du territoire de Nantes, homme malicieux et cault à faire batailles. Aussi y alla Rainaldus de Poictou, noble chevalier et homme de grand puissance, requérants lesdits Lambert et Rainaldus honneurs et lovers audit Charles, si par leur aide il vainquoit les assauts de ses frères. Si furent par ces contentions gastées France, Neustrie et Acquitaine [E, p.
99), et aussi les moustiers
III. — a) prima A. — b) sibi A. — c) ac monasteria remanserunt déserta et terra vepribus et spinis occupata de surit D.
1. Lambert, nantais d'origine, était certainement parent et peut-être fils d'un autre Lambert, qui fut comte de Nantes sous l'empereur Louis le Pieux, et qui, disgracié pour cause de rébellion en 834, mourut en Italie en 836. Ces deux comtes appartenaient à la puissante famille des ducs de Spolète. Cf. Wùstenfeld, (Jeber die Herzoge von Spoleto aus dem Hause der Guidonen dans les Forschungen zur deutschen Geschichte, année 1863.
2. Renaud était comte du pays d'Herbauge et non pas simple chevalier. Il apparaît comme comte d'Herbauge en 835 et 839 (Chroniq. d'Angoulême et Adémar de Chabannes, dom Bouquet, VI, 223, 224, 241 et 308, note e). — Son origine poitevine semble certaine. En 839, Bernard, frère d Emenon comte de Poitiers, chassé par l'empereur Louis le Pieux, se réfugia en Herbauge auprès de Renaud. En 853, un autre Renaud, comte d'Herbauge, fils sans doute de celui dont il est ici question, est signalé comme cousin de Ramnulf, comte de Poitiers (Adémar de Chabannes , dom Bouquet, VII, 226). Renaud était donc allié, suivant toute vraisemblance, à la famille d 'Emenon et à celle de Ramnulf. Sur ces deux familles, voir dom Vaissète, Histoire de Languedoc, éd. Privât, t. II, p. 279 et suiv. :
[c. m. an. 840-841] antiqui piratae navigantes, oras Francorum et Neustriorum maritimas depraedari coeperunt1. Necnon et Nomenoius, pro tune Britonum princeps, territorium Nam* neticumet Redonicum devastare coepit, nulli regum in hoc bello dignans facere auxilium2. Sed, quum isti insani reges, terrain dévastantes et vicos ac castella incendentes, de contentione sua, variis eventibus satis crudeliter protracta, ad nullum finem victoriae possent pervenire, congregaverunt utrique immensum exercitum apud Fontanetumd, Pictavii territorii vie uni 3 ; ex quibus très proeliantes adversus Karolum4
speraverunt per potentiam gentis suae illum vincere. At ille, fortium virorum et belli-
NAMNETENSE 7
demourèrent désers et la terre occupée d'espines et de buissons (F, f° 111 r°). Car en celuy temps les Norwégiens et les Danois, nageans par l'Océan en manière d'anciens py rathes , pilloient les région s maritimes des François et des Neustriens. Et Nemenoius, le prince de Bretagne, gastoitles territoires de Rennes et de Nantes, et ne daigna faire aide a nuls desdits rois, [selon ladite Chronicque] (E, p. 99). Mais, corne ces roys de France forcenez, dégastants la terre et ambrasans villes et chasteaux, de leur contencionse feussent cruellement maintenuz par diverses adventures, ne encores ne fussent parvenuz à nulle fin de victoire, ilz assemblèrent l'un et l'autre innum-