X. A B D E F. — a) nobis addit
Adonc, [selon ladite Chronicque,] voulut Lambert édifier sa maison en la souveraine tour de la cité de Nantes, et seigneurier a Actardus et à tous les citoyens et y avoir principauté, laquelle chose tous d'un commun accord luy prohibèrent. Pour quoy Lambert, meu d'ire contre eux, fist maintes oppres-
1. Certains détails historiques et clignes de foi, rapportés dans ce chapitre, ont été mêlés au récit d'événements qui ont été certainement dénaturés. Il est vraisemblable que le chroniqueur de Nantes aura remanié à sa guise d'anciennes annales, dont il faisait usage et qui, comme il le dit (ch. vu), avaient, à son avis, interverti l'ordre des temps. Pour donner plus de clarté au récit, il l'a complètement obscurci; de telle sorte qu'il est devenu aujourd'hui à peu près impossible de dire quel rôle l'évêque Actard a pu jouer au sujet de l'expulsion de Lambert du comté de Nantes. Le plus probable cependant est que l'intervention d'iVctard auprès de Charles le Chauve date de l'année 851. A cette époque, lors du traité d'Angers, il est certain que le roi obtint du duc de Bretagne que Lambert ne conserverait pas la possession du pays de Nantes. Mais alors le duc de Bretagne n'était pas Nominoé, mort depuis quelques mois; c'était son fils, Erispoé. Notre récit renfermerait donc une erreur, imputable sans doute au chroniqueur de Nantes. Au lieu de Nominoé, il faudrait lire Erispoé, et en conclure qu' Actard servit d'intermédiaire entre Charles le Chauve et Erispoé, avant la signature du traité d'Angers (fin de 851), et qu'il obtint du duc breton la promesse de chasser Lambert de Nantes. Ce serait alors que Lambert se serait enfui jusqu à Craon. La fin du récit est pleinement confirmée par les autres chroniques contemporaines.
28 G1IRC episcopo et civibus eunctis dominari et princïpatum habereb. Quod episcopus etalii omnes, Lamberto c contradicentes, modis omnibus prohibuerunt fieri. Qua de re Lambertus d, adversus eose in iram f accensus, coepit illis multa mala agere. Sed episcopus Actardus sapienter providens g quomodo malitiam ejus tanto tempore continuatamh exstinguere posset, ad Karolum regem perrexit, et ostendit ei quanta mala sibi et civibus Namnetensibus fecerat Lambertus1. Unde rex, consilium accipiens, Nomenoio, Britannorum principi, cujus fiducia et auxilio Lambertus jus regium1 Namneticae urbis invaseratk, mandavitper hune episcopum ut, si hune perfidum a se expelleret, offensas sibi ab illo factas dimitteret. Ad haec quoque episcopus ex parte sua addidit quod si Nomenoius régi non obediret, Lambertus cum rege concordiam faceret et sibi postea omnino contrarius esset. Quo audito, Nomenoius, quamvis régis
COX [c. x, an. 844-852]
sions, et lors l'évesque Actardus alla au roy Charles, et luy remonstra les maux que Lambert faisoit à luy et aux citoyens de Nantes. Sur laquelle complainte ledit Charles print conseil, et manda par celui mesme Actardus à Nemenoius, prince des Bretons, par l'aide et confiance duquel Lambert avoit occupé le droict de la cité de Nantes, que, s'il le mettoit hors, il luy pardonneront toutes les offences qu'il luy avoit faites.
Et à celles choses adjousta l'évesque Actardus de sa part, que si Nemenoius n'obéissoit audit Charles en déboutant Lambert, lesdits Charles et Lambert feroientpaix ensemble, et luy seroienttous deux contraires. Laquelle chose oye par Nemenoius, combien qu'il craignist peu les menaces dudit Charles, toutes fois pour ce qu'il fut reprins par ses gens, il manda à Lambert que s'il ne se départoit de la comté de Nantes, il luy courroit sus par armes. Si fut Lambert espouvanté de ces man démens, et
X. — b) sed A. — c) sibi B. — d) deest D. — e) omnes D. — f) iilum 1). — g) praevidens B. — h) continuam B. — i) deest B. — j) deest D. — k) sibi attribuebat A D.
[c. x, an. 844-852] NÀMN
timorem parvipenderet, tamen asuisreprehensus, Lamberto mandavit ut, si jura régis et comitatum Namneticum1 non dimitteret m, ipse equidem armatus illin occurreret. Quibus mandatis, Lambertus nimis pavefactus timuit ut rex et Nomenoius in unum conglobati illum ex improviso confoderent °. Dimittens autem comitatum, fugit usque p Credonem 1, tune temporis Namnetici territorii vicum, jure Sancti Clementis civitatis Namneticae monasterio pertinentem, cui abbatissa, hujus Lamberti soror, nomine Doda2, praesidebat ; ac inde q multa mala vicinis regionibusintulit. Adversus quem multi, ad eu m debellandum insurgentes, ab eo victi recesserunt. Porro Guido, Cenomannensis cornes3, sperans eum fortitudine
ETENSE 29
s'enfuit à Craon, une ville, qui lors estoit du territoire de Nantes, y appartenant par le droict de Saint-Clément, un monastère de la cité, auquel la sœur d'icelu y Lambert , nommée Doda présidoit. Et de là fist Lambert maints assauts aux régions voisines, contre lequel plusieurs s'eslevèrent, qui s'en retournèrent desconfits. Et entre autres Guy, comte du Maine, espérant le vaincre, l'assaillit avecques grand nombre de chevaliers qu'il mist en fuite.
Et, quand il eut ainsi vaincu ses résistans, il composa un chastel sur la rive d'Uclon ; et prenant de là en après en sa domination le territoire d'Angers, si comme Mayenne descendant en Loire, le tint par sa puissance jusques à la fin de sa vie (E, p. 102 et 103).
Mais, comme, après ce que
X. — 1) si jura ecclesiae Namnetensis et civium A. — m) eis in pace addit A. — n) Lamberto AD. — o) confunderent A. — p) Giron, ici est addiuit AD. — q) in dies B.
1. Craon, Mayenne, arr. Cbâteau-Gontier, chef-lieu de canton. — L'église de Craon devint au xie siècle un prieuré dépendant de la Trinité de Vendôme. Elle était sous le patronage de saint Clément; ce qui témoigne de son ancienne soumission au monastère de Saint-Clément de Nantes.
2. On ne sait rien sur l'abbesse Doda, ni d'ailleurs sur le monastère de Saint-Clément qu elle dirigeait à Nantes et qui disparut lorsque les Normands se furent au xe siècle emparés de cette cité et y eurent établi leur domination.
3. Gui, comte du Maine, fils et successeur du comte Gui, lequel avait été tué en 834 au service de l'empereur Louis le Pieux, gouvernait la partie oc-
CHRONÏCON [c. x, an. 844-852]
Lambert eut esté trop voluntaire de parolle et d'euvre, et aussi de son glayve, jamais n'eut cessé d'espandre sang humain et eust fait innumbrables maulx en terre, en la parfin il fut occuppé de mort subite, et finit sa vie temporelle. Si fut enseveli apud Saponarias, une ville de la comté d'Angeou (F, f° 114 v°).
magna militum vincere, in fugam versus est. Devictis itaquesibi resistentibus, castrum super ripam Uldonis composuit *, et accipiens inde in dominatur suo Andegavense territorium, sicut Meduana in Ligerim descendit2, ille bellicosus homo tenuit illud territorium s violentia sua usque ad fine m1 vitae suae. Quumautem, postquam juvenis fa c tu s nimis voluntarius verbo, opère ac etiam
gladio suo, de effusione humani sanguinis nunquam cessasset ac innumerabilia mala in terra fecisset, tandem a morte subitanea, tanto tempore exoptata, occupatus, vitam finivit temporalem et recepit infernalem3, sepultusque est apud Saponarias, Andegavensis territorii vicum \