Cet intitulé est pris dans l'édit. de
d'Acquitaine pevent avoir prins desplaisir, ilz lui vueillent pardonner, et en leur bonne grâce et bon amour le recevoir.
En oultre, iceulx traicteurs et médiateurs bailleront ou feront bailler au Roy et au duc d'Acquitaine , ou à leurs commis, les clefz de la ville d'Arras et de la cité, et aussi de toutes autres bonnes villes et fortresses ou royaume de France appartenans au duc de Bourgongne, esquelz le Roy ou son filz mectront baillifz, capitaines et officiers tels que bon leur semblera et aussi longuement, sans pour ce enfraindre la paix. En après fera ledit de Bourgongne délivrer au Roy ou à ses commis le chastel du Crotoy, et de fait le remètre en sa main.
Item, ledit duc de Bourgongne sera tenu de eslonguer et mectre hors aucuns de sa famille, lesquelz sont en l'indignacion du Roy et du duc d'Acquitaine, sans plus les soustenir en nulz de ses pays, et lui seront iceulx déclairez et baillez par escript, en temps et en lieu.
Item , que toutes les terres prinses et mises en la main du Roy des vassaulx, subgetz et bienvueillans, aliez, favorables, dudit duc de Bourgongne, de quelque estât qu'ilz soient, pour l'occasion de ceste guerre, seront rendues et restituées à iceulx, et aussi tous bannissemens et appellacions fais à la cause dessusdicte seront mis à néant. Et pareillement se ledit de Bourgongne a mis ou fait mectre aucunes terres, seigneuries ou biens quelconques , en sa main , des subgetz, favorisans, bienvueillans ou de ceulx qui ont servi le Roy en ceste présente armée, de quelque estât qu'ilz soient, seront mis à pleine délivrance.
Item, combien que lesdiz médiateurs aient affermé au Roy et au duc d'Âcquitaine , que le dessusdit duc de Bourgongne n'a nulle confédéracion ou aliance aux Anglois , néantmoins pour éviter toute suspicion , les dessusnommez pour ledit duc de Bourgongne, promectront que dores en avant il ne procédera ne fera procéder par manière d' aliance avec lesdiz Anglois, se ce n'est que par le congié et licence du Roy et de son filz le duc d'Acquitaine.
Item, quant est de la réparacion de l'onneur dudit duc de Bourgongne , pour ce que plusieurs lectres ont esté faictes et envoiées en plusieurs lieux de ce royaume et dehors, lesquelles ledit de Bourgongne dit estre à sa charge et deshonneur, est ainsi que après ceste paix faicte et que le Roy sera à Paris, disposera aucuns de son conseil avec aucunes gens du duc de Bourgongne telz qu'il lui plaira à commetre, <^ct adviseront ensemble], premièrement, sauf l'onneur *Iu Roy, telles lectres que faire se pourront à la descharge et réparacion de l'onneur dudit duc de Bourgongne. Item, après promectre ledit duc de Bourgongne que jamais ne fera ne pourra estre fait par lui, en appert ne en couvert, aucun mal, destourbier ou empeschement aux vassaulx, serviteurs et bienvueillans du Roy qui en ceste querelle l'ont servy, tant en ^personnes comme soubz autres capitaines de leur compaignie, ne aussi aux bourgois de Paris ne aux autres habitans, de fait ne par aucune manière, pour l'occasion dudit service, empeschement ne fera, ne de estre fait ne procurera.
Item, le Roy veult et ordonne pour tousjours ses subgetz tenir en vraie obédience si comme ilz doivent
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estre tenus, que le traictié de Chartres et autres traictiez qui depuis ont esté fais , soient fermement et sans corrupcion gardez, et que se aucune chose y a à parfaire et à réparer de Tun et de l'autre costé, soit fait et réparé. Item , pour la seureté des choses dessusdictes estre fermement tenues et acomplies par ledit duc de Bourgongne, le duc de Brabant, la dame de Haynau et les dessusdiz députez jureront tant en leurs noms en propres personnes comme eulx faisant fort des prélas et gens d'église, des nobles et des bonnes villes et tous leurs pays, c'estassavoir ledit duc de Brabant, la dame de Haynnau et les dessusdiz députez, jureront ou noiîi dudit duc de Bourgongne pour tout le pays de Flandres, que ledit duc de Bourçongne tiendra fermement et gardera perpétuellement ceste bonne paix, saris désoremais faire , venir ou procurer, par lui ou par autruy, aucune chose au contraire. Et ou cas que ledit duc de Bourgongne commenceroit aucune chose en appert ou en couvert contre la teneur et traictié de ceste bonne paix , iceulx duc et dame ne lui feroient ne donroient aucun aide ou conseil , de corps ne de pécune, ne en quelque autre manière. Aussi que les seigneurs du sang royal et autres prélas et nobles et bonnes villes de ce royaume feroient semblable serement, et de ce les dessusdiz bailleront bonnes lectres et compétentes à l'ordonnance du Roy et de son conseil. Et avec ce promectent les dessusdiz, c'estassavoir le duc de Brabant, la dame de Haynnau et les dessusdiz députez qu'ilz feront loyaument leur povoir à faire semblablement jurer et promectre par ceulx d'Arras et par les nobles et autres qui sont dedens , à tenir les choses dessusdictes , et aussi ceulx qui pour
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le présent sont en la compaignie dudit duc de Bourgongne et es garnisons de ses villes et cbasteaulx de Boiirgongne , d'Artois et de Flandres , quant ilz en seront requis de par le Roy.
Après lesquelles choses dessusdictes traictées et mises par escript, afin que mieulx feussent entretenues jurèrent et firent serement les parties, à loyaument et fermement paracomplir et entretenir ledit traictié. Et premièrement jurèrent ledit duc de Brabant , la dame de Haynnau et les députez eulx faisans fors pour le duc de Bourgongne, bienvueillans et aliez comme dit est. Et après que ilz eurent fait le serement en la présence du duc d!Acquitaine et de plusieurs autres princes et grant conseil du Boy, lequel duc d'Acquitaine présentement jura et fist serement solemnel d'entretenir la paix et dist au duc d'Orléans qu'il jurast aussi la paix. Lequel duc d'Orléans s'enclina bien bas, en disant audit duc d'Acquitaine : « Monseigneur, je ne suis point tenu de faire serement, car je suis venu seulement pour venir servir monseigneur le Roy et vous. » Et lors le duc d'Acquitaine lui dist : « Beau cousin nous vous prions que vous jurez la paix. » Et adonc ledit duc d'Orléans dist encor une foiz. « Je n'ay point rompu la paix et ne doy point faire serement. Plaise vous estre content. » Aux quelles paroles de rechef, pour la tierce fois, ledit duc d'Acquitaine luirequist de ce faire. Et adonc ledit duc d'Orléans par grant courroux lui dist : « Monseigneur, je n'ay point rompue la paix, ne ceulx de mon conseil , ne ceste faicte. Faictes venir devant vous ceulx qui l'ont rompue et faire serement, et après je feray vostre plaisir. » Et lors l'arcevesque de
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Reims et aucuns autres, voians le duc d'Âcquitaine non estre content de tant de paroles, dirent au duc d'Orléans. « Monseigneur, faictes ce que monseigneur d'Acquitaine vous requiert. » Lequel après toutes ces choses fist serement d'entretenir la paix ainsi que contre sa voulenté, et lui sembloit que le duc de Bourgongne et ses allez avoient rompue la paix derrenièrement faicte et jurée à Pontoise. En après fut appelle le duc de Bourbon pour faire le serement. Lequel , comme le duc d'Orléans , cuida faire atardement de paroles, mais incontinent le duc d'Acquitaine lui copa court, disant : « Beau cousin, nous vous prions que vous n'en parlez plus. » Et là fist le duc de Bourbon serement, et tous les princes ensuivant le firent pareillement , sans y mectre contredit , et aussi les prélatz, réservé l'arcevesque de Sens, frère de Montagu, lequel, quant il fut appelle, dist au duc d'Acquitaine. <( Monseigneur, souviengne vous du serement que vous fistes et nous tous au partir de Paris, présent la Royne. m Et le duc d'Acquitaine respondi. « N'en parlez plus. Nous voulons que la paix se tiengne et que vous la jurez. » Et ledit arcevesque respondi. « Monseigneur , puis que vous le voulez , je le feray. » Et n'en y eut plus de toute la seigneurie estant avecques le Roy , qui feist plus refus de jurer la paix , que les trois dessusdiz. Et ainsi, comme dit est , firent serement ceulx de la ville d'Arras , c'estassavoir messire Jehan de Lucembourg et tous les autres capitaines, et tous les autres gouverneurs de la communaulté d'icelle ville. Et furent toutes ces choses faictes et acomplies ains que le Roy et ses princes se partissent de devant Arras.
Il CHRONIQUE [4414]
Après lequel département et que le Roy fut retourné à Senlis comme dit est, moururent plusieurs seigneurs et autres qui avoient esté en son armée, de flux de ventre. Entre lesquelz mourut Eumenon de Labreth et son frère , le seigneur de Hangest et aucuns autres, de la peine et travail quilz avoient souffert durant ledit voiage.
Duquel temps aussi ceulx de Paris , oyans lesdictes nouvelles ^ du traictié fait par le Roy et ses princes au duc de Bourgongne sans les appeller, eulx de ce non contens vindrent au duc de Berry leur capitaine et gouverneur, demander comment icelle paix avoit esté faicte et qui avoit meu le Roy et son conseil de ce faire sans les y appeler, disans que à eulx appartenoit de le sçavoir, et convenoit qu'en icelle feussent comprins. Lequel duc de Berry leur respondi. u Ce ne vous touche en riens, ne entremectre ne vous devez de monseigneur le Roy, ne de nous qui sommes de son sang, car nous nous courrouçons l'un à l'autre quant il nous plaist , et quant il nous plaist aussi, la paix est faicte. » Adonc ceulx de Paris sans rien respondre retournèrent en leurs propres lieux'.
Or est vérité que ledit duc de Brabant, la dame de Haynnau et les députez n'alèrent point à Senlis au
1 . Les nouvelles de la paix arrivèrent à Paris le jeudi 1 3 septembre 4414. Œ Et ne ouystes oncques plus belle sonnerie à Paris qu'on y fist celluy, que depuis le matin jusques au soir, en tous les moustiers de Paris on sonnoit et faisoit-on grant joye pour l'amour de la paix » [Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 24).
2. Ni Juvénal des Ursins, ni même l'auteur du Journal d!' un Bourgeois de Paris ne parlent de cette réclamation des Parisiens au sujet de ce qu'ils n'avaient pas été consultés pour la paix. ( Voy. Juv., p. 288 et La Barre, p. 24.)
jour qui leur estoit assigné pour la confirmation de la paix du duc de Bourgongne leur frère , mais par conseil envoièrent ung hérault et ambaxadeurs, c'estassavoir le doien de l'église cathédrale de Liège, Guillaume Blondel, escuier, et plusieurs autres à comparoir pour eulx et en leurs noms devant le Roy et W son conseil pour la cause dessusdicte au jour et au lieu dessusnommé. Lesquelz ambaxadeurs ne peurent avoir du grant conseil du Roy sur leurs demandes et requestes aucune response , pour ce que le Roy estoit malade. Et pour tant s'en retournèrent devers leurs seigneurs sans riens besongner.