‹ La chronique (volume 3)Chapitre 12 sur 120 · De Queues^ c'est-à-dire de tonneaux remplis de teire · texte numérisé non relu

De Queues^ c'est-à-dire de tonneaux remplis de teire

Roy et ceulx de sa partie encloyrent ycelle ville par siège, tout à l'environ. Mais bonnement ne po voient encore veoir qu'il se peuyst faire sans trop grand péril, parce que lesdiz sièges ne povoient aler au secours l'un de l'autre, se besoing en eust esté. Et si sentoient que les Anglois dessusdiz estoient bien puissans, et assés prestz pour venir briefensievant eulx combatre pour lever le siège. Et pour ces causes délayèrent, lesdiz François, de environner ycelle ville. Et fut ordonné qu'on feroit encore une grande bastille en la forest de Corapiengne^ pour amener par eaue, et ycelle asseoir sur aulcuns des costès où on verroit qu'il seroit plus expédient. A laquelle, pour le faire expédier, fut commis Guillaume de Flavi. Et certain temps après, ledit messire Jehan de Thalebot retourna pour la seconde fois et ravitailla arrière de cbief ladicte ville et lesdiz asségiés, de foison de vivres et d'aulcunsengiens et habillemens de guerre. Et à cbescune fois y laissoit une partie de ses gens, et remenoit avec luy ceulx qui estoient navrés ou malades. Et comme par avant, après ledit ravitaillement s'en retourna sans avoir aulcun empeschement. Toutefois, le Roy véant les manières que tenoient sesdiz adversaires, ayant considéracion que celui siège porroit estre long par le moyen des vivres qu*on amenoit en ladicle ville de Pontoise de jour en jour, en estoit moult mérancolieux et desplaisant. Nientmains il, de sa personne, faisoit très grand diligence de faire fortifier ses bastilles, comme de les pourveoir de vivres et aultr^s besongnes nécessaires pour eulx deffendre, se ainsy advenoit qu'on les assaillist.

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