‹ La chronique (volume 3)Chapitre 7 sur 120 · CHAPITRE GGLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE GGLVIII

Comment la duchesse de Bourgongne se parti du roy Charles estant à Laon et retourna au Quesnoy, où alors estoit le duc de Bourgongne son mari.

Au commencement de cest an, Charles, roy de France, estant à Laon, oii il avoit solempnisé la feste de la résurrection Jhésucrist en l'ostel ébiscopal de l'évesque d'y celle cité de Laon, tenant pluiseurs grans

consaulz sur les requestes que luy avoit faites la duchesse de Bourgongne et ceulx de son conseil, en la fin desquelz consaulx finablement, comme j'ay jà déclairié, ly en furent peu accordées. Dont elle ne fut point bien contente, et appercut assés clèrement, et aussy firent ceulz qui estoient avec elle, que les gouverneurs d'ycelui Roy n'avoient mie bien agréable le duc de Bourgongne, ne ses besongnes. Et pour tant, elle véant que sa demeure yluceq ne ly estoit mie gramment prouffitable, prinst congié au dessusdit Roy, et le remercia de l'honneur et bonne récepcion qu'il luy avoit faite. Et après luy dist : « Monseigneur, de toutes les requestes que je vous ay faites ne m'en avés nulles octroiiées ne accordées, jà soit-il seloncq mon advis qu'elles fussent assés raisonnables. » A quoy le Roy ly respondi assés courtoisement, en disant : « Belle seur, ce poise nous que aultrement ne se puet faire. Car seloncq ce que nous trouvons en nostre conseil, à cui en avons parlé bien au long, ycelles requestes nous seroient moult préjudiciables à accorder. » Après lesquelles parolles elle prinst congé, comme dict est, au Roy, et à son fils le Daulfin. Puis se parti de là et s'en vintougiste à Saint-Quentin, avec elle toutes ses gens. Et le raconduisi le connestable et aulcuns aultres, grand espace. Duquel lieu de Saint-Quentin elle s'en vint lendemain disner au Chastel en Cambrésis ^ Et à ceste heure estoient aies aulcunes gens dudit roy, fouragier ou pays de Haynau et es marches à Tenviron ; et emmenoient moult grosses proies, c'est assavoir chevaulx, vaches, et aultres biens et bestailz. Si furent

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