Louis II, duc d'Anjou, roi de Sicile
3. Il faut lire de Craon, comme dans le Suppl. fr, 93 et comme plus bas. La forme Crcton est prise du latin Crcdone,
leur estoit. Et avecques ce envoièrent devers ledit conte d'Alençon leur seigneur, lui requerre bien instamment qu'il les voulsist secourir. Lequel conte fut fort trouble pour la prinse de sa ville. Si manda par ung sien liérault à ceulx de dedans, qu'il les iroit combatre en assez brief terme se là ilz le vouloient acten-, dre. Après lequel mandement iceulx capitaines envoièrent tantost devers le roy de France, lui signifier ces nouvelles, en lui requérant qu'il leur envoiast aide. Lequel Roy manda tantost au connestable et au maresclial, qui estoient à Vernon, à tout grant compaignie de gens d'armes, que sans dèlay ilz alassent audit lieu de Danfront. Lequel mandement fut par eulx exécuté, et y alèrent. Et pareillement, y envoya le roy de Cécile très grant compaignie de gens d'armes. Mais au jour que ledit conte d'Alençon avoit assigné de les combatre, il n'y ala ne envoya. Et après que ledit connestable et autres capitaines eurent entretenue ladicte journée , voians que leurs adversaires point ne venoient, firent faire et édifier devant ledit cbastel ung fort boulevert \ dedans lequel et en la ville , ilz laissèrent grant garnison pour tenir frontière et résister contre icellui , et se partirent de là. Si s'en ala ledit connestable mectre le siège devant Saint-Remy ou Plain ^ et envoia messire Anthoine de Craon, bien acompaigné, à Vernon, querre les bombardes, canons^ et autres engins de guerre, pour amener audit lieu de Saint-Remi. Et estoit lors en la compaignie d'icellui
i . Le ms. Suppi. fr. 93 écrit : bollevart.