Dixmude
3. « En fu le peuple tenans la partie des Franchois, fort tourblés. > {Suppl. fr. 93.)
[ikVû'] D'ENGUERRAN DE MONSTRELET. iCl
Très chers et honnorez seigneurs et amis, il est venu à nostre congnoissance par relacion créable , comment soubz umbre de nostre adversaire de France , le duc de Bourgongne , conte de Flandres , prent et veult prendre son chemin vers nostre pays d'Acquitaine , pour icellui destruire et gaster et noz subgetz , et par espëcial noz bien cher s et amez cousins les ducs de Berry, d'Orléans et de Bourbon, les contes d'Alençon, d'Armignac et le seigneur d'Albret. Pour quoy se vostre seigneur veult persévérer en son injurieux et mauvais propos, vous nous vueillés par le porteur de ceste certifier par vos lectres le plus tost que vous pourrez, se ceulx du pays de Flandres veulent pour leur partie tenir les trêves entre nous et eulx derrenièrement tenues et eues , sans vous assister au mauvais propos de votre seigneur contre nous. Entendans, honnourez seigneurs et amis , que ou cas que vous et les communes de Flandres les vouldroient garder et tenir ou proufïît du pays des Flandres, nous entendons et avons proposé de faire pareillement pour nostre par tie. Très chers et honnorez amis, le Saint-Esperit vous ait en sa sainte garde. Donné soubz nostre privé séel, en nostre palais de Westmoustier, le xvi* jour demay, XIII® an de nostre règne \ »
Sur lesquelles lectres les Flamens respondirent et dirent au porteur que les trêves dont lesdictes lectres faisoient mencion ne vouloient nullement enfraindre , et qu'au roy de France, leur souverain seigneur, et le duc de Bourgongne, conte de Flandres, serviroient et
1. Pour constater l'exactitude de Monstrelet, cf. Rymer(t. IV, part. II, p. 12), où cette pièce est imprimée.
assisteroient comme autrefois avoient fait , à leur povoir. Lesquelles lectres tantost après envoièrent devers le Roy et le duc de Bourgongne, qui estoient encores en la ville de Sens en Bourgongne.
Esquelz jours, le duc de Berry, par le conseil du conte d'Armaigiiac , fist forger monnoye en sa cité de Bourges pour paier les souldoiers , c'estassavoir blans doubles et escuz d'or, assez semblables à la monnoye du coing du Roy, en escripture et en armes. Dont le Roy et son conseil furent moult desplaisans.