‹ La chroniqueChapitre 16 sur 196 · L'Arno · texte numérisé non relu

L'Arno

d'armes pour la conservacion de ladicte ville, laquelle ont conquestëe les Florentins par force d'armes contre ceulx de Pise. Car lesdiz Florentins ont fait partir lesdiz de Pise hors de ladicte ville, afin qu'ilz ne feissent aucune trahison. Et sont alez à Florence jusques au nombre de deux mille, et se doivent monstrer deux foiz le jour aux gouverneurs de Florence, en certain lieu désigné , sur peine de la teste.

Item, de quatre à cinq mille sont alez devers le roy Lanselot * pour avoir secours et aide de luy. Lequel roy, à tout le nombre de quatre mille combatans, tant de pié comme de cheval , est jà venu jusques à deux lieues près de ceste ville de Pise. Mais les Florentins, par la grâce de Dieu , pevent bien résister contre lui et sa puissance , en nous gardant. Et est vérité que ledit roy Lanselot doubte à perdre son royaume par le moien de l'union de saincte Eglise. Car, par tirannie il ocupe et empesche en moult grande quantité le patrimoine de ladicte Eglise. Et avec ce, on disoit que certains ambaxadeurs de Pierre de La Lune venoient oudit concile, non mie pour le bien de l'union , mais pour y bailler empeschement à leur povoir. Et est le nombre des cardinaulx estans pour le présent à Pise , tant d'une partie comme d'autre, dix-neuf. Et est assavoir que les serviteurs du cardinal de Chalent sont jà venus oudit concile, et le cardinal venra briefment avecques les ambaxadeurs du conte de Savoie. Messeigneurs les cardinaulx sont malcontens des évesques, abbez et chappelains des églises cathédrales qui n'ont

1. Ladislas, ou Lancelot, roi de Naples. Il se fit couronner roi de Hongrie en 1403, mais fut forcé de revenir en Italie, l'an 1404. En 1408 il se rendit maître de Rome.

25 CUROINIQUE [1409]

point envoie leur procureur audit concile général. Autre chose ne vous scay que escripre pour le présent. Escript à Pise , le xv® jour du mois de may*. Vostre humble religieux et subject, l'abbé de Saint- Maxence. m Et la superscription estoit : « A révérend père en Jhesucrist et Seigneur, par la grâce de Dieu évesque de Poicliers, et grant chancelier de monseigneur le duc de Berry. »

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