‹ La chronologie biblique fixée par les Éclipses des inscriptions cunéiformes et en conformité avec les textes de la BibleChapitre 5 sur 9 · Asur-Malik · texte numérisé non relu

Asur-Malik

En dehors de ces noms, nous en avons une assez grande quantité qui tombent dans les lacunes; ceux qui se placent avant Bélochus sont fort peu nombreux, la plupart de ces noms non classés appartiennent au règne de Sardanapale VI; entre autres, nous voyons le nom de Behoun, sous l’archontat duquel une éclipse fut attendue, sans être observée, à la fin de Sivan.

VI. l>atee postérieures à l’avéueinent de Téglalltplialasar. — Eclipse lunaire du IB mars 991 avant I.-C.

Après la fixation des dates antérieures à Téglathphalasar, il nous reste encore à déterminer celles qui sont postérieures

1 l,es chiffres suivants ne sont qu’approximatifs.

à l’avénement de ce roi. Si nous avions une indication assyrienne sur Véclipse totale du 5 mars 702 (9299), qui a dû être visible à Ninive, au moins partiellement, nous aurions un point d’attache aussi incontestable que pour les époques plus anciennes; car elle tomba probablement sous l’éponymie de Kannounaï. En l’absence d’indications aussi directes, nous devons donc nous contenter d’autres données qui peuvent également nous fournir des résultats très-réels, d’autant plus que nous possédons pour cette période le canon de Ptolémée, dont la rigoureuse exactitude ne saurait être révoquée en doute.

Cette époque comprend justement les règnes de Sargon et de Sennachérib, pour lesquels les indications historiques ne nous manquent pas. Voici les datefe de Ptolémée, qui sont adaptéesû son comput, sans s’éloigner beaucoup de la vérité historique,

Commencement du règne de Mérodachbaladan, 711 (9280), le 20 février.

» » deSargon, 709 (9292), le 17 février.

» » de l’anarchie, 704 (9297), le 15 février.

» » de Bélibus, 702 (9299), le 15 février.

Débutons par les données fournies par Sennachérib. Ce roi nous dit, dans le cylindre de Bellino , , qu’au commencement de sa royauté il a combattu le rebelle de Mérodachbaladan, aidé des Elamites, et qu'il l’a vaincu à Kis (Larak?). Nous savons par le récit de Bérose, conservé dans la traduction arménienne d’Eusèbe, qu’en effet un personnage de ce nom avait, après la mort du roi précédent, tué un autre insurgé nommé Hagisès. Le roi assyrien nous raconte qu’il dut poursuivre le rebelle, qu’il entra à Babylone, mais que pour pacifier le pays il fut obligé de prendre de force 76 villes et 820 bourgades de la Chaldée. Il contraignit les tribus arabes à se rendre, et, après tous ces hauts faits, il fit conférer la royauté à Bélibus, un jeune Ninivite élevé dans son palais.

Or, Sennachérib monta sur le trône au mois d’août (13 Ab de Pakharbel); il entreprit la campagne de Chaldée bientôt après son avènement (ina res sarruliya c?jn jtf, »n capite

1 Exp. Mét., I, p. 298; dans les Annales, t. xm, p. 248 (4* série).

20 LA CIM0KUL0G1E BIBLIQUE FIXÉE

(i. e. initio regni mei). Du mois d’août jusqu’au mois de février ou quelques jours plus tard, il n’y a que six mois, plus l’inconnu; en tout cas, un temps insuffisant pour accomplir tous ses exploits. L'éponymie de Pakbarbel expirant au mois d’octobre, il semble difficile de prendre l’éponymie suivante pour y placer l’installation de Bélibus; c'est donc dans I'archontat de Kannounaï qu’il faut fixer l’événement. Or, la date approchante du 13 février 702 (9299) tombant dans cette éponymie, il faut placer celle-ci d’automne 703 (9298) à automne 702 (9297), coïncidant avec l’année juive 3ü?>9.

Cette supposition semble seule s’accorder avec les dates de Sargon. Nous avons plusieurs données sur te règne de Sargon, fournissant à la fois les années de règne de ce monarque et les éponymies. Les dates 1 ne comprennent que l’époqne entre Tisri et Sebat, et toutes établissent que la première année de Sargon tombe, pour les mois cités, dans l’éponymie de Naboutaris. Mais puisque le règne de Sargon a dû commencer avant Iyar, comme nous le verrons tout à l’heure, l’avénement de ce roi atteint encore l’archontat de Ninip-malik.

Sargon raconte dans ses Annales, que, dans la 12’ année de son règne, il conquit la Chaldée, vainquit Mérodacbbaladan, et entra à Babjlone à la grande joie des habitants; qu'ensuite il y arriva pour jouir des fêtes du mois de Sebat (février). Or, le canon de Plolémée place le commencement du règne babylonien de Sargon en février 709 (9292). Le roi dit de plus, que dans sa 13* année, au mois d’iyar, trois mois plus tard, il entreprit le complet anéantissement du roi chaldéen. Le commencement du règne se place donc entre février et mai

1 La copie de ces dates m’a été communiquée par M. George Smith, jeune employé du Musée britannique, qui s’occupe activement de retrouver les fragments des tablettes brisées. Ces dates s’accordent entre elles, mats elles BODt en désaccord avec une seule date, d’un document privé du Louvre qui identifie le 13 Marchesvnn de Mannou ki-Assour-lih à la 12* année de Sargon. La position du mois dans l’année ne saurait enlever la contradiction, car par hasard il se trouve à Londres l’identification du 13 Marchesvan de Sa-Assourdoubbou avec la 15° année du même roi. il faut admettre une autre façon de compter les années, en les faisant coïncider avec les années éponymiques, suivant l’avénement, A moins de supposer l’oubli d'un trait dans le document du Louvre.

par les éclipses des inscriptions cunéiformes. 21

de Ninip-malik; le commencement de la 13* année tombant entre les mois cités de 709, l’avénement de Sargon a eu lieu au printemps de 721, et l'année de Ninip-inalik prend place entre l’automne de 722 (9279) et l’automne de 721 (9280), correspondant à l’année juive 3040.

Nous avons une confirmation expresse de cette date par une donnée astronomique. Salmanassar était mort dans l’année précédente, à laquelle il avait lui-même donné son nom. Le trait qui sépare dans la liste son nom de celui qui suit, montre qu’il ne vit pas la fin de son arcliontat, octobre 722 (9279). Il y eut donc un intervalle, peut-être un interrègne, durant au moins six mois, entre son décès et l'avénement de Sargon. Or, voici ce qu'il dit lui-même dans plusieurs de ses textes :

Sar naphar malki sa eli er Uarrana salula lasu itrusü

Rex omnium principum qui ante Harran obscurationem in eum expllcaverunt,

va kt xab An u u Dagan isturu zakuts'un.

«t cum sacrificio Oannis et Dagonis scripsere pacta sua.

rat -ot unir rc? 1 ? pn 'hw '&a tbj to

.jorar rw pi m

« Roi de tous les princes qui, en face de la ville de Harrân, » expliquèrent en sa faveur l’obscurcissement et écrivirent ® leur adhésion, en présence des sacrifices offerts à Oannès » et à Dagon. »

Le terme salul , ^ 2 , est le même que nous avons déjà rencontré dans l’inscription de Sardanapale lit et qui nous a indiqué l’éclipse solaire du 2 juin 930.

Mais nous n’avons pour la détermination du phénomène aucune latitude, il faut qu'il ail eu lieu au printemps 721 . Or nous nous trouvons ici eu présence d’une coïncidence extrêmement remarquable, qui prouve bien la réalité de notre opinion.

C’est justementau printemps 721, le 19 mars, qu’eut lieu la fameuse éclipse lunaire, mentionnée par Ptolémée dans YAlmagesle l , et qui avec deux autres phénomènes du même genre 2 , servit à fixer l’crc de Nabonassar. Hipparque en avait

’ Voir l'édition de Halma, 1. iv c. 5; in~», 1. 1 , p. 215.

* Les deux autres éclipacs tombent, l’une le 18-19 Thoth, 8-9 mars 750

il LA CBUONOLOGIB BIBLIQUE FIXÉE

parlé, et Ptoléméc nous rapporte u'elle fut observée à Babylone. Dans cette cité, elle commença 4 heures 1/ 2 avant minuit, et son milieu eut lieu 2 heures 1/2 avant minuit. L’astronome d’Alexandrie la place le 29 Tholh de la première année de Mardocempadus (ou Mérodachbaladan). Le père Petau l’a calculée ; elle dura, selon lui et conformément aux données babyloniennes, 4 heures 6 minutes, et sa grandeur fut de 18 doigts et 30 minutes, c’est-à-dire, l’ombre terrestre excéda la grandeur apparente de l’astre de plus de la moitié.

Si l’on appliquait à ce phénomène le calendrier juif , on le fixerait le 15 Véadar 3040.

En se servant de la même ère, on dirait que l’avénement de Sargon a eu lieu après le 15 second Adar de Ninip-malik, le 19 mars 721 av. J.-C. (9280).

Dans la même année, le premier soin de Sargon fut d’accomplir l’œuvre commencée par Salmanassar, et de prendre Samarie. Le royaume d’Israël succomba donc vers le milieu de 721 (9280). Puis la Bible (II Rois, xvm, 9, 10) nous donne les faits suivants:

Commencement du siège rie Samarie : l’an 7 d'Osée, l'an 4 d’Ézéchias.

Commencement du règne d’Ézéchias, i’an 3 d’Osée.

Durée du siège : 3 ans, c'est-è-dire 3 ans moins quelque» mois.

Fin du siège : l’an 0 d’Osée, l’an 6 d’Ézéchias.

Cela nous donne, à peu de mois près, en conciliant toutes les données, ce qui est assez difficile et ne s’obtient que par des équations indéterminées :

Commencement du règne d'Osée : 730 (927!), novembre.

Commencement du règne d’Ézcchias : 727 (9274). septembre.

» du siège de Samarie ; 724 (9277), décembre.

Prise de Samarie : 721 (9280), juillet.

Ensuite, selon les II lîuis, xvit, 1, Osée commença à régner

(9281), & minuit, sa grandeur, selon le père Pétau, ne fut que de 3 1/3 doigts; l’autre le 15-1P Phamenoth de la mémo année, I e ' septembre, grande de C doigts. Celle de mars 720 fut assez petite pour ne pas frapper l’attention des princes qui élurent Sargon, d’autant plus que cette date de 720 que nous avions admise auparavant, ne cadre plus avec les faits qui concernent Mérodachbaladan et Bélibus. Dans nos Sargonides, nous avions abaissé la suite des éponymes, d’une unité ; mais nous croyons devoir abandonner ce comput; la concurrence de tant de circonstances nous y oblige, et nous aurons, je crois, un jour la certitude de i’eiactitude de ce changement par des preure» décisives.

l’an 12 d’Achaz ; Achaz régna 16 ans (16 ans moins plusieurs mois), après avoir commencé l’an 17 de Pékah d’Israël (i6., xvi, !).

Jolham, père d’Achaz, cessa donc de régner l’an 47 de Pékah; il était monté sur le trône l’an 2 de Pékah, et avait régné 16 ans, encore 16 ans moins quelques mois ( ib ., xv,32).

Jolham avait succédé à son père Ozias, qui lui-même avait régné 52 ans (ib., xv, 2; II Chr., xxvi, 2). Pékah était monté sur le trône l’an 52 d’Ozias (II Rois, xv, 27), qui était mort l’an 2 de Pékah ; donc Ozias avait régné 52 ans, plus quelques mois.

Puisque Achaz n’a pu régner moins de 15 ans, et qu’il fut roi 2 ans et quelques mois encore du temps d’Osée, le roi de Juda a dû gouverner au moins 12 ans, plus quelques mois, avant Osée. Pour justifier l’expression : l’an 12 d’Achaz, il faut supposer que les 12 ans n’étaient pas dépassés de beaucoup.

Puis, du temps de Pékah et d’Achaz, Téglathphalasar fit son expédition en Palestine, qui eut lieu, d'après les tables d’éponymes, sous l’archontat de Bélédilel, préfet de Calach, l’an 733 (9268).

Nous aurons donc approximativement, à quelques mois près:

Avènement d’Ozias, 810 (9191), avril.

Avènement de Pékah, 159 (9242), mal.

Mort d’Ozias et règne de Jotham, 758 (9243), juillet.

Mort de Jotham et règne d’Achaz, 742 (9259), mars.

Expédition de Téglathphalasar. 733 (9268).

Mort de Pékah et règne d’Osée. 730 (9281), nov.

Pékah, roi d’Israël, a donc régne entre 29 et 30 ans.

Mais le livre des Rois dit qu’il régna dans Samarie 20 ans (/. c., xv, 27).

Plusieurs cbronologistes se sont donc crus autorisés à retrancher 10 ans des règnes, ce qui conduit à des absurdités, sans compter qu’il faudrait changer plusieurs chiffres des textes, qui néanmoins sont en concordance complète. Ii’autres, plus près de la vérité, ont voulu lire 29 ou 30 ans au lieu de 20.

Tout cela est erroné : Pékah est monté sur le trône en 759;

il fut assassiné régnant en ’30, et il n’a gouverné que 20 ans.

Les inscriptions cunéiformes nous donnent le mot de l'énigme.

TI1. Sur la nécessité d’admettre deux Dfénaehem, ayant régné à Samarle.

Depuis fort longtemps, on connaît un passage d’un texte de Téglathphalasar, vérifié par deux exemplaires, que, dans sa 8’ année, il reçut les tributs de Ménachem de Samarie.

Or, le Ménachem connu de la Bible, celui qui eut affaire à Phul, roi d’Assyrie, régna de 771 à 760.

Hincks et moi, nous avons donc reculé l’avénement de Téglathpbalasar jusqu’en 761 .

Cela n’est plus admissible, depuis que nous savons que ce roi monta sur le trône en lyar de Naboubéloussour, en mai 744 (9257).

M. Rawlinson prélendit que Téglathphalasar s’était trompé et qu’il avait écrit Ménachem au lieu de Pékah. Cela est encore moins croyable, d’autant plus qu’on peut retrouver maintenant ce nom de Pékah dans les textes. Mais malgré l’étonnement que devait produire la hardiesse du savant général, il y avait au fond une idée juste : le Ménachem des textes ne peut être le Ménachem du livre des Rois.

Retenons maintenant les faits.

Pékah monta sur le trône en 759. Il y est encore en 742, lors de la mort de Jotham.

Mais il ne tient plus le sceptre en 737, et nous le rencontrons en 733, jusqu’à sa mort.

Il y a donc eu un intervalle de 9 à 10 ans, depuis 742 à 733, où Ménachem a régné à Samarie. Ce personnage, peutêtre fils de Pékahia, fils de Ménachem I, s’appelant également Ménachem, vengea la mort de son père Pékahia, assassiné par Pékah. Soutenu par Achaz de Juda et le roi d’Assyrie, il envoya des trihuts à ce dernier. Mais son adversaire revint au pouvoir, et c'est alors que Téglathphalasar envahit la Palestine, aidé du roi de Juda, et appelé par lui (II Rois, xvi, 7). Les inscriptions mentionnent Achaz sous la forme de Joacbaz ( lauhaz ), comme tributaire de Téglathphalasar.

Nous voyons donc que toutes les fois que les données assy-

Tiennes se complètent, elles sont en parfaite concordance avec la Bible.

Les 20 ans de Pékah, fils de Rémalia, roi d'Israël, se classent donc ainsi :

Ménachem I, 711—760.

Pékahia, fils de Ménachem, 760—759.

Pékah, 759 — 742.

Ménachem Fl, 712—733.

Pékah, pour la secon e foi», 733—730.

Mais; dira-t-on, pourquoi cet interrègne n’a-t-il laissé dan? le texte actuel aucune trace?

Nous répondrons qu’il s’en rencontre une dans le texte, évidemment mutilé, de la fin du xv* chapitre du II* livre des Rois.

Personne n’a tenu suffisamment compte des versets 30 et 3t qui, dans leur forme actuelle, se traduisent ainsi :

30. a Et Osée, fils d’Ela, conspira contre Pékah, fils de Ué-

» malia, et le frappa, et le tua, et régna à sa place; dans l'an- » née 20 de Jotham, fils d'Ozias »

31. «Et le reste de l’histoire de Pékah, et tout ce qu’il a » fait, voyez, c’est écrit dans le livre des Chroniques des rois » d’Israël.»

Dans la forme actuelle, ce texte constitue un contre-sens; d'abord Jotham n’a régné que 16- ans; puis, au chap. xvn, 1, on place le meurtre de Pékah l’an 12 d’Achaz. Il est donc contredit par deux passages du même texte.

Évidemment, il manque quelque chose; et ce qu’il y a est le résultat d’une légère erreur de lecture. Le chiffre 20 s’écrit par un 3 ou en substituant ce chiffre au nom de nombre cnciv, que porte le texte actuel, on a :

ÏT7Ï p orvp 1 ? d ruen ms p om’ roea

« Dans l’année de la mort de Jotham, fils d’Ozias 1 »

Et ici suivait le récit concernant Ménachem II.

Or, la mort de Jotham tombe en 742, et la révolte de Ménachem suivait quelques mois plus tard.

1 Ou bien Dm’ 1 ? *73 TÜÜ. Quoique le mot ne se trouve plus à côlé de 71*73, 171*73, n ,l 73n, qui ont ce sens de fin, il est formé régulièrement comme ’*73, ’DI, ,l 7n. V 7D. ’np. '327, et tant d’autres.

Ces mots se sont déplacés; ils précédaient originairement le verset 30, cl, introduits après « à sa place, » vnnn, ils ne donnaient plus de sens, d’où l'erreur du copiste. Il y avait probablement un texte comme le suivant :

« Dans l’année de la mort de Jotham, fils d’Oziaç [Ména- » cbem, fils de Pékahia, se révolta contre Pékah, et régna

» 9 ans à Samarie Et dans la 10* année, Pékah conspira

» contre Ménachem, fils de Pékahia, et le frappa et le tua, et » régna à sa place.] Et Osée, fils d’Ela, conspira contre Pékah, » (ils de Rémalia, et le frappa et le tua, et régna à sa place. »

La répétition d’une même phrase de ce genre a pu être la cause de la suppression du passage relatif à Ménachem 11.

VIII. Fixation du règne d’iehab. — Date de la mort de Salomon.

Il nous reslc maintenant à remonter à Achab. Nous avons exposé plus haut*, que la mention du roi d’Israël, dans l’éponymie de Dayanassour (900), ne peut s’appliquer qu’à un fait qui précéda de très-près la fin de son régne. C’est la 6* année de Salmanassar, et Jéhu, qui est postérieur à la mort d’Achab de 13 ans moins quelque chose, apparaît déjà dans la 18* du roi de Ninive.

Il résulte des textes de Salmanassar que l’avénemenlde ce roi précéda de très-près le mois d’Iyar (mai). Les années de règne courent donc de printemps à printemps. Jéhu apparaissant déjà à la fin de la 18' année, il a dû monter sur le trône fin d’hiver 887. Mais 12 ans et demi est la moindre des distances possibles entre Achab et Jéhu. La mort d’Achab à Ramoth Giléad a donc dû suivre presque immédiatement sa défaite à Karkar. Même avant la découverte des textes nouveaux; nous avions déjà, le livre des Rois en main, prouvé que la défaite des 10,000 Israélites coïncidait avec la fin d’Achab, et les documents nouveaux rapprochent encore ces deux événements.

Achab est donc mort en 900 (octobre-novembre) au plus tard, et Jéhu est monté sur le trône au printemps 887.

1 Voir aussi Hitioire des empires de Chaldée et d’Assyrie, p. 141, dans les Annales de philosophie, t. xn, p. 299 (S* série).

Cette date est obtenue grâce à la mention de l’éclipse solaire du 13 juin 809.

Nous avons vu, par suite des déductions fournies par l’éclipse de lune du 9 mars 72t, qu’Ozias était monté sur le trône au milieu de 810 (9191)'. Mais entre Achabet Ozias se placent :

5 ans de Josapliat, 5 ans.

Règne de Joram, 7 ans, plus une fraction.

» d’Ochorias, 1 an, moins une fraction

» d’Athalie, <> ans, plus uiip fraction.

» de Joas, 40 ans, »

» d’Amasias, 29 ans, »

Total, 89 ans, plus quelque chose.

En additionnant ces 89 ans et une fraction à 8i0, nous obtenons également la fin de 900 (9101).

La mort de Salomon tombe donc en 978 (9023), au plus haut.

IX. Dates principales depuis le règne de Sardanapale en 930 avant JT.-C. Jusqu’à la destruction de Jérusalem en 589.

Récapilulons maintenant les dates principales :

9071. 930. Avènement de Sardanapale III (2 juin).

9096. 903. Avènement de Salmanassar III.

9101. 900 (en été). Défaite de Benhadad etd’Achab.

9101. 900 (octobre-novembre). Mort d’Acbab.

9127. 875. Jubilé de Salmanassar.

9132. 870. Règne de Samas-Bin.

9155. 857. Règne de Bélocluis et de Sémiramis.

9173. 828. Règne de Salmanassar IV.

9183. 818. Règne d'Assourédilel.

9191. 810. Avènement d’Ozias de Juda.

9192. 809. 13 juin, éclipse de soleil.

9201. 800. Rcgne Asonr-tanagbal, le fainéant.

1 M. de Saulcy dans son travail snr la chronologie juive, est arrivé à la même date, et il a réussi à fixer tous les événements à des époques, sinon complètement exactes, au moins trôs-rapprochées de la vérité. U importe d’ajouter que M. de Saulcy a fixé lui-même les limites d’erreurs que son calcul lui semblait pouvoir comporter. — Voir le Synchronisme historique des rois d'Israël, de Juda, d'Égypte, de Kinive, de Babylonc et de tiédie, dan» les Annales de philosophie, t. ri, p. 2GS (3* série).

Page 1