‹ La chronologie sacrée, basée sur les découvertes de ChampollionChapitre 13 sur 26 · Abraham · texte numérisé non relu

Abraham

après le é

de Ragau.

de Ragau.

de Séruch.

de Séruch.

de Nachor.

d'Abraham.

d'Abraham.

d'Isaac

L'accord des deux derniers tableaux serait déjà un argument assez fort en leur faveur; mais une considération bien plus importante vient leur donner un nouveau poids. Il est impossible d'encadrer d'une manière quelconque les événements de l'histoire profane dans

. * Les nombres de cette colonne sont tirés de la version des Septante , suivant le manuscrit d'Alexandrie ( F. T, ex vers, LXX interp, oUm ad fidem Mts» Aiexandr» à Grabe editum , nttnc lectionibus locupletaiom d Breitinger, Tignni, 1740. 4"*}, beaucoup plus conforme au texte hébreu que le manuscrit du Vaticaii.

fef étrdites limites de la chronologie du texte hébreu ^ Les 292 ans que ce dernier texte assigne à la période qui nous occupe, ajoutés aux 2008 ans qui s'écoulèrent y comme nos calculs postérieurs le démontreront en détail , de la naissance d'Abraham à Jésus-Christ , ne laissent aux dates les plus reculées de l'histoire générale du monde qu'une carrière de 2300 ans. Or les peuples de l'Orient avaient sans doute prétendu à une antiquité fort exagérée; mais^ en réduisant leurs calculs à leur juste valeur, ChampoUion a établi, pour les Égyptiens , que le commencement de leur xv"* dynastie, la plus ancienne sur laquelle on ait des données certaines , et qui pourtant, selon toute probabilité, fut précédée par quelques autres^, remonte à plus de 2500 ans avant J.-G. D'après les recherches du savant orientaliste Pauthier sur la chronologie chinoise , l'empereur Hoang-Ti monta sur le trône l'an 2698 avant J.-C. ^ Evidemment ces dates dépassent de beaucoup

* « Des monuments antiques de Thistoire profane encore subsistant » de nos jours et remontant à une époque certaine ne peuvent pas se » concilier avec la date assignée au déluge selon le texte hébreu de la » Bible et laVulgate, qui en est la traduction latine. » ChampoUion- Figeac, Bésumé de Chronologie, p. 106.

^ Les quatorze premières dynasties auraient, suivant les chiffres fournis parles écrivains, embrassé un espace de 5 S 46 ans environ (Prîchard, UebevbUib^lderMgypU ChronoL ; ChampoUion-Figeac , VEgypie ancienne, p. 269) ; mais évidemment c'est là un chiffre fictif où l'on ne peut voir que le désir d'attribuer à la nation égyptienne une haute antiquité : car jusqu'ici aucun monument n'a justifié la durée attribuée à chacune de ces premières dynasties , et bien loin qu'elles ai<ent été successives , on ne peut expliquer l'âge donné à chacune que par la contemporanéité de plusieurs.

' Pauthier, Chine , ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, Paris, 1857, publié dans la collection de VVnivers Pittoresque,

ÉHàP. IT. . 17

l'ëpoqu6 assignée au déluge par le texte hébreu^ et persister à soutenir l'exactitude de ce texte , ce serait assurer le succès de cette incrédulité qui cherche depuis si long-temps à mettre la Révélation en désaccord avec la science. Qu'on adopte au contraire les chiffres donnés par le Fentateuque samaritain et par la version des Septante ; au lieu de borner le second âge du monde à 292 ans seulement^ qu'on le calcule^ suivant ces autorités à 942 ans, et, en y ajoutant les 2008 ans qui ont séparé la naissance d'Abraham de celle du Christ, l'on reconnaîtra que ces 2950 ans laissent une libre place aux 2500 ans de l'histoire certaine de l'Egypte , aux 2698 de celle de la Chine, et même aux principaux faits des temps semi-historiques de celle-ci. Par conséquent, la chronologie des Septante, seule compatible avec les données de l'histoire profane , doit être admise comme avérée , et l'on pourra inscrire comme parfaitement démontré le chiffre de 942 ans qu'elle donne, aussi bien que celle des Samaritains, à la deuxième période de l'histoire sacrée.

On l'a vu plus haut, la version des Septante ne nous est pourtant point parvenue exempte de toute erreur : elle renferme effectivement aux versets 12 et 13 du xi"* chapitre de la Genèse une addition remarquable. Parmi les descendants de Noé, entre Arphaxad et Sala, elle place un patriarche nommé Caïnan, qui aurait été le fils d' Arphaxad, qui à 1 30 ans serait devenu père de Sala, seulement alors petit-fils de ce même Arphaxad, et qui augmenterait conséquemment de 1 30 ans la période totale qui s'étend entre le déluge et Abraham. De plus le même nom se retrouve dans la. généalogie du Christ donnée par Lucy ch. m , f 36. Cependant Luc, qui, selon toute apparence, avait copié pour cela les

LXX^ ne peut donner du poids à leur i^utorité : rpien n'atteste qu'à cet égard il ait été inspiré , car l'inspira^ tioo n a pas mi3 les écriy^jiiQs sacrés à Tabri des fautes de chronologie. Et quant auK LXX, il «st difficile de croire que ià aussi ils q'ont pas subi d'interpolation ^ : le parfait accord qui régne euti^e les noms cités par le texte juif et ceux que renferme le texte samaritain , noms parmi lesquels celui de Caïnan ne se trouve point, en est la preiiye. Aussi les chronologistès qui ont adopté le système des Septante ont-ils omis ce nom dans leurs calculs, et Ëusébe même Ta fait.

Satisfaits du chiffre total de 942 ans auquel nous sommes parvenu pour cette deuxième période , nous ne discuterons pas longuement la différence que présentent, d'un coté, le irécit de Mxm^(G€n. xu, 4 ) qui fait partir Abraham de Caran à l'âge de 75 ans^ c'est-àdire , encore du vivant de son père , puisque Taré avait 70 ^ns à la naissance d'Abraham ( xi, 26, 27 ) et vécut 205 ans ( i;. 32 ) , et d'un autre côté le discours d'Etienne (Jet. vu, 4) qui fait partir Abraham seulement après la mort de Taré.* Il est bien sûr d'abord qu'Etienne, ainsi que Paul plus tard (Jet. xui, 17-33), voulait retracer à grands traits l'histoire de sa nation , et ne visait pas à une précision parfaite en chronologie ; probablement donc , se rappelant confusément le récit de Moïse qui ne parle du départ d'Abraham ( Gen, xn, 4) qu'après la mort de Taré (xi, 32), Etienne retraça ' les faits dans l'ordre matériel où il les avait vus racon^ téç. Nous ne saurions trop l^ redire , ce serait compro-

* Théophile d'Anlioche ( ac/ Àutolye. h m) et Jales Africain (voir SynceUi Chronpgr. pp. 154, 79, 85, SS), qiii «livenl cependant les LXX, omettent le nom de Gaînan.

Page 1