Dufey, Ilist. des parlements, t. II, p
foi. Mon édit annonce cette disposition, qui ne peut avoir lieu qu'après l'enregistrement *. »
Après tant de. difficultés et de lenteurs, le parlement finit par sentir qu'il ne pouvait différer davantage de rendre son arrêt. Une dernière délibération, à laquelle assistaient les princes et les pairs, eut lieu le 29 janvier 1788. Elle fut longue et solennelle. Aussi exalté en religion qu'en politique, d'Éprémesnil combattit, avec sa véhémence habituelle, les dispositions et surtout les tendances de Fédit. Parmi ceux qui lui répondirent, on cite les ducs de Luynes et de Mortemart. Il leur répliqua en quelques mots, et, levant la main vers l'image du Christ, placée en face de lui, il leur lança cette apostrophe: « Voulez-vous donc le crucifier une seconde fois ^? » Néanmoins, le parlement eut le bon sens de comprendre qu'il aurait trop mauvaise grâce s'il se traînait à la remorque de l'intolérance religieuse, quelques jours après s'être posé en champion de la liberté individuelle. Une contradiction si flagrante eût attiré sur sa conduite, avec les sarcasmes de ses adversaires, les justes reproches de ses amis. Malgré sa répugnance, il n'osa refuser l'enregistrement. La majorité fut même plus considérable qu'on aurait pu l'attendre. Quatre-vingt-seize voix contre dix-sept se prononcèrent dans ce sens : sept conseillers et trois évêques s'abstinrent ^
En province, l'édit sur les non-catholiques rencontra encore plus d'obstacles qu'à Paris. La plupart des cours souveraines ne l'enregistrèrent qu'avec des modifications ou des restrictions fâcheuses. Il fut complètement rejeté par le parlement de Besançon, sous prétexte que les capitulations de la province défendaient d'y intro-
i. Mémoires de Webei-, p. 120. Cette réponse est du 28 janvier.