‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 335 sur 350 · Hist. de la Rév. /V-., t · texte numérisé non relu

Hist. de la Rév. /V-., t

Empressons-nous d'ajouter que la recrudescence ne paraît s'être étendue qu'aux classes aristocratiques. Habituées à confondre leur cause avec celle de la magistrature, elles se sentirent atteintes du coup qui la frappait, et résolurent d'en tirer une vengeance éclatante. Dès lors, elles se jettent dans la mêlée avec un redoublement d'ardeur. On n'aperçoit plus qu'elles à la tête du mouvement. En vain objecterait-on que la commission intermédiaire des états ne cesse de donner le branle et qu'elle représente les trois ordres de la province. Il n'y a là qu'une fausse apparence. Parmi ses membres, douze sur dix-huit appartiennent au clergé et à la noblesse. Le tiers état n'en compte que six, dont plus de la moitié est choisie hors de son sein ; il ne lui reste qu'une minorité insignifiante. Observons encore que le grand meneur de la commission, le procureur général syndic des états, est un noble, le comte de Botherel. D'un autre côté, les assemblées irrégulières de la noblesse deviennent presque permanentes. Le nombre de ceux qui les composent augmente chaque jour : il s'élève quelquefois jusqu'à douze cents. Par un mouvement inverse, le rôle du tiers état, qui n'avait jamais été qu'un rôle secondaire, s'efface de plus en plus. Bertrand de Molleville parle bien d'excès commis dans les rues par la populace, et de menaces de mort proférées contre lui par des gens sans aveu. Mais quels sont les instigateurs de ces excès de bas étage? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on ne trouve plus aucune trace d'une intervention ostensible de la bourgeoisie. Au début de la lutte, elle paraissait disposée à s'y laisser entraîner. Maintenant, elle affecte d'y rester étrangère.

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