‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 2)Chapitre 67 sur 350 · Bodem, p · texte numérisé non relu

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DÉCOURAGEMENT Eï LÉTHARGIE 75

ilevant les volontés imperturbables du chancelier Maupeou. Le retour des mêmes défaillances arrache des plaintes analogues à l'un des derniers survivants de la grande école philosophique. « Ah î c'est fmi ! dit Mably en 178i ^ Nous sommes tombés trop bas, les mœurs sont trop faibles. Jamais, oh ! jamais plus ne viendra la révolution! » Il y avait, en effet, de quoi déconcerter les plus fermes penseurs et tromper les yeux les plus clairvoyants. Quel contraste inouï entre Taffaissement qui précéda la convocation des Notables, et l'effervescence qui Ta suivie ! Dans son Introduction au Moniteur universel, Thuau Granville n'a pas oublié de décrire le réveil imprévu de la France. « L'observateur, dit-il, qui jetait ses regards dans l'avenir, voyait avec une secrète joie combien un seul homme avait pu subitement apporter de changement dans les idées, avec quelle facilité il réveilla le courage abattu, rappela l'espérance fugitive : tel fut l'effet des Mémoires de M. de Galonné. Une révolution subite se fit dans les esprits; tout le monde se mit à discuter les affaires publiques, lorsque naguère chacun y semblait étranger. Comparons l'état précédent de la France et celui auquel elle s'éleva tout à coup à cette époque importante. Le premier était l'image fidèle de ce que sont encore tous les Etats despotiques. Dans les campagnes, on laboure, on souffre et l'on se tait. Dans la province, peu de voix sont assez fortes pour se faire entendre; dans la capitale, les grands intriguent, les riches s'amusent, les académiciens font de l'esprit... * » Tous les écrivains, qui ont fait la gloire du siècle, sont morts et personne ne les remplace, personne ne songe à continuer leur œuvre. S'il y a encore des

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