Loco citato, p. iO
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privilégiés, malgré le progrès des lumières, malgré leur affectation de libéralisme, étaient parfaitement résolus à défendre pied à pied leurs privilèges les plus abusifs. La conduite du clergé surtout paraît avoir causé l'impression la plus pénible *. C'est aux prélats qu'on attribuait Tavortement des réformes projetées. C'est à ce premier grief que remonte l'impopularité qui n'allait plus cesser de les poursuivre. Aussi quand les révolutionnaires rappellent la composition aristocratique de rassemblée des Notables, ils se consolent en pensant aux services que ce défaut leur a rendus. De là cette réflexion curieuse * : « Il était à craindre que les corps mêmes, qui devaient la composer, se soulevassent à l'aspect des sacrifices que l'Etat allait exiger d'eux. Mais parmi ces corps divers, il en était qu'on pouvait ramener et convaincre; il en était dont on ne pouvait pas craindre d'exciter l'implacable ressentiment; c'était un motif de les réunir. Le roi allait connaître les citoyens fidèles et l'État ses vrais ennemis. Une démarche aussi éclatante devait laisser d'éternels souvenirs. » Elle n'en laissa que trop! Et voilà comment les ordres privilégiés souffrirent presque autant que l'autorité royale des conséquences de la lutte qu'ils venaient de soutenir contre elle. Les deux adversaires, car ils n'étaient encore que deux en présence, s'étaient porté des coups irrémédiables; et le tiera état, témoin passif de leurs fautes réciproques, n'avait plus qu'à attendre l'occasion d'en profiter.
1. Les Mémoires de Bésenval prouvent que celte impression se répandit même à la cour.
2. Thuau-Granville, Inlroduclion au Moniteur^ Archives parlement (aires, t. I, p. 8.
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