Eodem, p
Digiti
dans la paroisse. Ceux-là ne faisaient partie du corps municipal qu'au même titre que les roturiers, s'ils étaient élus par le libre suffrage de leurs concitoyens; comme les roturiers, et sous les mêmes conditions, ils participaient aux opérations de rassemblée électorale. Mais, dit-on, quand les conseils municipaux procédaient à Tassielte et à la répartition de la taille, le seigneur et le curé n'étaient pas admis au vote. Ceci encore nous semble juste. Puisqu'ils se prétendaient exempts de cet impôt, ils n'avaient rien à y voir et ne méritaient pas de s'en mêler. Au reste, ni le clergé ni la noblesse ne songèrent à se plaindre. Jusqu'alors, les deux premiers ordres n'avaient pris aucune part à l'administration municipale des villages : ils accueillirent comme un avantage imprévu celle que leur attribuait la réforme de 1787. Quant au tiers état, quant aux paysans, ils se sont déclarés satisfaits. « Il est à remarquer, dit un historien qui a fait de cette matière l'objet d'une étude spéciale *, que les cahiers de 1789.... sont presque tous muets sur les institutions municipales des villages; on demande la réforme, dans un sens plus démocratique, des municipalités urbaines;mais, sauf de rares exceptions..., il n'est point question des institutions rurales. La réforme de 1787 était admise par tous. Le village d'Ermont réclame, il est vrai, la liberté absolue des assemblées de communauté; mais il trouve peu d'échos, et le vœu le plus général était exprimé par un autre cahier, lorsqu'il disait : que Von conserve aux communes leurs municipalités y avec tous les droits qui leur sont attribués, » Nouvelle preuve que le gouvernement de Louis XVI, quand il le voulait bien, savait et pouvait conjurer les griefs qui menaçaient la monarchie d'une catastrophe irréparable.