Archives parletn., t. I, p
promoteurs de la Révolution française, comprennent le danger, et, dès qu'ils vont entrer en scène, nous les verrons s'efforcer de le combattre. Leur idéal à eux, c'est déjà la France moderne, la France une et indivisible.
Revenons maintenant à Tarrèté du 21 juin, ne fût-ce que pour en transcrire le dispositif, qui appelle une observation spéciale. « Par ces considérations, la cour, persistant dans ses protestations du 2 mai, et les renouvelant en tant que de besoin, proteste de nouveau contre tout ce qui a été fait en ladite cour le 8 du même mois... Déclare que le tout est nul et incapable de produire aucun effet; déclare au surplus que tous ceux qui concoureront, d'une manière quelconque, à Texécution desdits édits, ordonnances et déclarations, seront réputés traîtres au roi, coupables envers la nation, et comme tels mis hors de la protection des lois *. » Ce n'est pas encore la mise hors la loi des jours néfastes. La formule n*a pas atteint toute la précision dont elle est susceptible. Mais, grâce au parlement de Navarre, elle y touche de prime-saut. Et pourquoi des mots si terribles, des mesures si violentes? A propos de quels crimes? Un grand historien a dit que le principal défaut de la Révolution française était V intempérance. Il est juste de reconnaître qu'elle avait de qui tenir. Ici le mauvais exemple lui vient de haut. Ce sont la magistrature et la noblesse, à qui seules incombe la responsabilité d'excès regrettables. On voit l'émeute accourir à leur voix et se disperser, dès qu'elles n'ont plus besoin de leur concours. On trouve, dans leurs actes publics, la trace de l'exagération qui les entraîne. Au contraire, le tiers état se recueille et attend. Parmi les faits que nous venons de raconter, on chercherait en vain la trace de l'interven-