Gabier de la communauté de Cuger. Eodem, p
Digiti
lions une forme moins offensante, mais sans dissimuler qu'au fond ils n'y renonçaient point. « Notre communauté, disent les habitants de Lafare *, a toujours habillé le valet de ville à sa livrée; le seigneur, en Tannée dernière 1788, a voulu habiller le valet du même habillage que ses domestiques, et la communauté ne consentit que contrainte et forcée, attendu qu'elle n'a pas voulu avoir de procès. » Tel était en ce temps l'esprit de la noblesse provençale, tel aussi celui de la noblesse de France, ou du moins de celle qui habitait loin des grandes villes, qui vivait en contact avec les paysans. Qiws perdere vidt Jupiter dementat prhis.
Comment se fait-il que tant de vexations, venant 4iggraver tant de maux, n'aient pas immédiatement provoqué des troubles et des révoltes? Pourquoi la crise n'a-t-elle commencé qu'en 1787, et sans présenter dès son origine un caractère de gravité qui pût en faire soupçonner les conséquences prochaines? C'est que le premier effet, produit par la souffrance, fut un découragement profond. La victoire de l'ancien régime semblait si décisive, que la pensée d'une revanche ne s'offrait à l'esprit de personne. Pendant que les vainqueurs «'exaltaient dans la sécurité, les vaincus, privés du moindre espoir, s'engourdissaient dans la résignation. Parmi les signes du temps, celui-ci est le moins connu. Essayons d'en fournir la preuve et de lui restituer, dans l'histoire de cette époque, la place qui lui appartient.
On se rappelle l'apostrophe d'Helvétius, après le coup •d'état de 1771, alors qu'autour de lui tout fléchissait