LIQUIDATION DES DETTES ARRIÉRÉES
permis aux Machault, aux Turgot, aux Necker de forcer les privilégiés à supporter leur part proportionnelle des tributs qu'elle percevait. Elle avait oublié les conseils prophétiques de Malesherbes. Tôt ou tard, ses ressources imprudemment limitées, amoindries, ne devaient plus suffire à payer ses dépenses toujours croissantes. Le déficit était la conséquence fatale du système qu'elle avait aveuglément suivi. Elle était punie par où elle avait péché. Maintenant, elle n'était plus libre de choisir sa voie. Une impérieuse nécessité la ramenait, malgré elle, au système qu'avaient toujours recommandé la raison et la justice. C'est la bourse des privilégiés, trop longtemps épargnée, qu'il fallait enfin mettre à contribution. On s'exposait à rencontrer de leur part des résistances d'autant plus vives qu'on les avait accoutumés à se croire inattaquables. Mais on pouvait espérer aussi, qu'éclairés sur la véritable situation des finances, ils n'auraient pas le triste courage de refuser hautement, publiquement, leur contribution aux charges publiques. Enfin, s'ils obligeaient la royauté à user de contrainte, elle était assez forte, sa cause était assez juste, pour que l'issue de la lutte ne parût pas un instant douteuse.
Après avoir indiqué ce qu'il y avait à faire et quels obstacles rencontrait l'entreprise, voyons ce qu'a fait Galonné pour liquider la situation.
Il s'est d'abord occupé de solder les dettes exigibles, et cela, « sans en parler, sans déranger aucun pa)'ement, sans aggraver le fardeau des peuples *, j» c'est-à-dire,