‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 114 sur 331 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

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en question); qu'il était ridicule de prétendre que 24 000000 d'hommes, formant le tiers, n'eussent pas autant de représentants, dans une Assemblée nationale, que 100 ou 200000 nobles, composant les deux ordres privilégiés; qu'enfin, argument bien plus fort que tous ceux-là, ces 24000000 d'hommes le voulaient, et il était vrai, en effet, qu'on était parvenu à le leur faire vouloir. C'est aux yeux des personnes qui ont eu ces circonstances sous les yeux, qui ont vu et observé alors Paris et les provinces, dont la plupart prenaient l'exemple de la capitale, et n'étaient guère moins ardentes qu'elle, c'est à ces personnes à prononcer s'il était possible de résister à ce torrent. » Il ne faudrait même pas juger de ce que l'on pensait alors, par ce qu'on a pensé depuis, après coup. « Combien, dit Lally-ToUendal S depuis trente ans, avons-nous entendu de voix reprocher à Xecker le doublement des députés du tiers, que nous avons entendu, en 1788, dire à lui-même, à nous, à tous ceux qui les approchaient : Si vous ne doublez pas le tiers, il se décuplera. »

De son côté, Mme de Staël affirme que les correspondances des provinces étaient unanimes sur l$i nécessité d'accorder au tiers état ce qu'il demandait *. Malheureusement, le peu qui reste de cette correspondance, enfoui dans quelque coin obscur de nos archives publiques, se dérobe aux plus patientes recherches. Pour ma part, j'avoue que je n'ai pu en découvrir le moindre vestige, et que je suis réduit à citer l'exemple unique qu'en donne M. Taine *. Il s'agit d'une lettre de M. de Caumartin, intendant de la généralité de Besançon, lettre qui porte la date du 5 décembre 1788. M. de Caumartin écrit que ce qui se passe sous ses yeux ne lui laisse aucun

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