‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 182 sur 331 · Lavergne, Ass. pt^v., p · texte numérisé non relu

Lavergne, Ass. pt^v., p

scène se passait en présence des deux commissaires royaux, le duc de Clermont-Tonnerre, gouverneur de la province, et M. de la Bove, intendant de la généralité. Aucun d'eux ne hasarda le moindre mot d'observation. Il semble que tout le monde fût d'accord pour refuser au pouvoir central le droit d'intervenir, autrement que pour la forme, dans les affaires du Dauphiné. Ses agents eux-mêmes ou ses délégués, loin de combattre sur ce point les doctrines évidemment excessives des représentants du pays, les approuvaient expressément ou tacitement.

Tout au plus une petite minorité d'esprits clairvoyants essayait de signaler les dangers, auxquels on s'exposait, en méconnaissant les droits essentiels de l'autorité royale, et suppliait la majorité de ne pas saper les bases de l'édifice, qu'il s'agissait uniquement de réformer, c A sa tête * était M. Barthélémy d'Orbanne, avocat célèbre, nommé depuis aux états et à la législature, et qui refusa constamment, parce que n'ayant pas, disait-il, le pouvoir d'empêcher la ruine de la France, il ne voulait pas se trouver dans les rangs de ceux qui allaient y coopérer. » Il y avait aussi des hommes moins sincères et moins estimables dont la modération semblait d'origine suspecte, c Le trop fameux Ghabroud fut leur orateur; il était dans cette province l'espion, l'âme damnée des ministres *. * C'est à son propos, ou à propos de ses pareils , que Mounier a pu dire dans l'un de ses ouvrages, publiés après la tourmente ' : « Beaucoup de ceux, qui se distinguent maintenant en Dauphiné par leur zèle pour les nouvelles institutions, n'étaient alors comme aujourd'hui que les

1. Noie sur les troubles de Dauphiné. HisL de la Rév, /t., par Bertrand de Molleville, t. I, p. 360.

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