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d'ailleurs de les réformer, si la source n'en était tarie? Le malheur de la France vient de ce qu'elle n'a jamais eu de constitution. » Un peu plus loin, elle ajoute : t II ne suffit pas de détruire les abus, il faut en prévenir le retour; il faut établir une force toujours active, qui agisse sans cesse en faveur de la prospérité publique, qui porte en elle-même le germe fécond de tous les biens, le principe destructeur de tous les maux. » Cette force, d'après la noblesse de Blois, on ne la trouvera jamais que dans l'organisation et la pratique d'institutions représentatives. « La nécessité des Etats généraux, » dit à son tour la noblesse de Clermont en Beauvoisis * , « est généralement sentie. Le déficit énorme et l'absence de crédit, qui ont été la cause véritable et première de la résolution qu'ont prise les ministres d'en proposer la réunion et qui l'ont rendue indispensable, ne sont aujourd'hui qu'un intérêt secondaire. Il faut combler le déficit, acquitter la dette; sans doute. Mais il faut empêcher qu'elle ne se reproduise, il faut affranchir la nation de tous les abus, qui pourraient la faire renaître. Il lui faut une constitution qui lui assure la jouissance de sa propriété, de sa liberté, sous la protection constante de lois invariables, exactement observées, et qui la préservent à jamais de l'autorité arbitraire, si changeante et si vexatoire, des ministres. » La noblesse d'Évreux va plus loin encore; elle pense * « que le premier, l'unique moyen qu'on puisse et qu'on doive employer, pour remédier efficacement aux maux actuels de l'Etat, et prévenir ceux dont il est menacé, est de rappeler la constitution française à ses vrais principes; que tous les moyens, qu'on pourrait employer, si on négligeait celui-là, ne seraient que des palliatifs, dont l'effet serait encore plus funeste