‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 220 sur 331 · Arch. parl.^ t. II, p · texte numérisé non relu

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rhomme et du citoyen, déclaration qui servira de base à toutes les lois, soit politiques, soit civiles, qui pourront émaner, tant à présent, qu'à l'avenir, de toutes les assemblées nationales. » La noblesse du bailliage de Mantes consacre un chapitre spécial à la nécessité d'une Déclaration des droits \ L'article premier commence •en ces termes : « Nous prescrivons à notre député de demander, qu'après les règlements nécessaires pour Tordre intérieur et extérieur de l'assemblée, il soit procédé immédiatement à la formation d'une déclaration des droits, c'est-à-dire, d'un acte par lequel les représentants de la nation énonceront en son nom les droits qui appartiennent à tous les hommes en leur qualité d'êtres sensibles, raisonnables et capables d'idées morales; droits qui sont antérieurs à toute institution sociale; et nous déclarons en même temps que tous les hommes, soumis aux lois françaises, doivent jouir de ces droits, sans qu'aucune autorité puisse légitimement y porter atteinte. » Rappelons encore un passage que nous avons déjà cité, du cahier de la noblesse de Paris, passage dans lequel elle demande que la constitution proprement dite soit précédée « d'une déclaration explicite des droits, qui appartiennent à tous les hommes », et « qui garantissent leur liberté, leur propriété, leur sûreté ». Sous une formule un peu moins nette, Tidée est toujours la même. Elle reparaît à chaque pas dans les cahiers de la noblesse française.

Evidemment si la noblesse acceptait avec tant d'enthousiasme le principe d'une déclaration des droits, le tiers état ne pouvait rester en arrière. Celui de Paris ne se contente pas d'admettre le principe; il entre dans les moindres détails d'application, et déjà se montre, dans son cahier, le texte d'une déclaration, presque

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entièrement conforme à celle que TAssemblée constituante allait consacrer quelques mois plus tard. Celle-ci contient, en toutes lettres, les maximes souvent reproduites : « Dans toute société politique, tous les hommes sont égaux en droits... Tout pouvoir émane de la nation et ne peut être exercé que pour son bonheur... La volonté générale fait la loi : la force publique en assure Texécution » ; et ainsi de suite. Les constituants trouvèrent là leur besogne à peu près toute faite.

Mais il ne faudrait pas croire que les hommes de ce temps, nobles et bourgeois, quand ils attachaient tant d'importance à l'effet d'une déclaration des droits, cédassent à Tentrainement de vaines théories, et sacrifiassent le respect des vérités pratiques ail fanatisme des principes abstraits. S'ils avaient moins d'expérience que nous, et ce n'était certainement pas leur faute, ils n'avaient ni moins d'intelligence, ni moins de raison. Avant de blâmer leur conduite, il ne serait que juste d'écouter les motifs qu'ils en ont donnés eux-mêmes. Bientôt, on reconnaîtrait qu'ils ont agi sous la pression des circonstances, en vertu de considérations exceptionnelles, dont on ne leur tient pas compte aujourd'hui, parce qu'on les ignore ou qu'on les oublie. Voyez, par exemple, comment s'explique sur la déclaration des droits le cahier du tiers état de Rennes S un des plus révolutionnaires, peut-être le plus révolutionnaire de la France : « Ne pouvant se passer pour bien des raisons de dresser et de former dès à présent la constitution et les lois les plus avantageuses, persuadés que les individus actuels ne peuvent pas lier leurs descendants et les empêcher de perfectionner la constitution et les lois, convaincus d'ailleurs de la nécessité de rassembler en un seul corps les principes éternels de Tordre social,

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