DIFFICULTÉS D 'APPLICATION
ainsi séparés de leur complément régulier, et sans espoir d'arriver à une tenue légale des États, prirent les délibérations fameuses, où ils refusaient d'envoyer des députés aux États généraux * ». Ce fut ensuite une avalanche de publications, destinées à faire connaître cette conduite, et à la glorifier. On vit paraître presque en même temps une brochure intitulée : Protestations et délibérations du clergé et de la noblesse de Bretagne^ des il et 49 avril 4789; une autre sous ce titre : Délibérations des ordres de PÉglise et de la noblesse de Bretagne, assemblés par ordre du roij dans la ville de Saint- Brieuc (17-20 avril). Puis vinrent des Observations sur la relation des événements, qui se sont passés en Bretagne, publiées au nom des députés de la noblesse et duclergéparM. Go/iier {ayrïll789); un Recueil d Arrêtés et remontrances au roi, du parlement de Bretagne, relativement aux délibérations et protestations des ordres de r église et de la noblesse de Bretagne... {21 avril, 12 mai); enfin un Précis des faits auxquels la convocation des États généraux a donné lieu en Bretagne, et des motifs de la conduite des ordres de Véglise et de la noblesse, par le comte de Kersalaun. Evidemment l'aristocratie bretonne ne négligeait aucun moyen d'émouvoir l'opinion publique. Elle se flattait d'entraîner à sa voix la plus grande partie de l'aristocratie française. Sa voix i^e trouva que fort peu d'écho, et ses appels à la révolte n'aboutirent qu'à priver la noblesse des vingt-un représentants et le haut clergé des dix députés que leur attribuait le règlement du 16 mars. Par le môme effet de cette abstention maladroite, le parti de Tancien régime se trouva afiaibli d'une trentaine de voix, et, dans maintes circonstances, il eut l'occasion de regretter les résultats de la faute commise par l'assemblée de Saint-Brieuc.