‹ La chute de l'ancien régime (1787-1789) (volume 5)Chapitre 82 sur 331 · Arfkivei parlem,, U IV, p · texte numérisé non relu

Arfkivei parlem,, U IV, p

Mirabeau lui-même était obligé de sMncliner devant la grandeur et la singularité des résultats obtenus. Lui aussi, quand la passion lui laissait la liberté de réfléchir avec calme, il reconnaissait qu'une telle administration tenait en effet du. prodige, et il désignait son ennemi sous le nom de ï homme aux miracles *.

Malheureusement Necker ne se trouvait pas seulement aux prises avec des difficultés financières. La nature complexe de ses fonctions, et les habitudes de l'ancien régime, qui faisaient du directeur général des finances un ministre directeur, l'obligeaient à s'aventurer sur un terrain encore plus difficile, qu'il connaissait mal et que parfois il ne connaissait pas du tout. Un concours de circonstances extraordinaires, exceptionnelles, le mettait en face de problèmes, dont la solution exigeait de lui des qualités qu'il n'avait pas, et je dirais presque, qu'il ne pouvait avoir; car enfin ces qualités, réunies avec celles qu'il possédait déjà, auraient formé l'assemblage d'une perfection, qui ne se rencontre guère dans ce monde. Si donc il est permis de censurer la faiblesse de sa conduite, la justice ordonne de reconnaître que beaucoup d'autres, à sa place, auraient commis les mêmes fautes, sinon de plus graves, sans avoir jamais rendu les mêmes services.

Il faut reconnaître aussi qu'une foule def questions ne lui arrivaient pas entières, et ne lui laissaient pas la liberté du choix. Qui donc oserait prétendre .que, pour épargner à la royauté une nouvelle cause de discrédit, pour lui éviter la pénible obligation 'de se déjuger à

i. Lettre au major de Mauvilion, p. 392; 20 sept. 1788.

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