‹ La chute de Séjan drame en cinq actes et en versChapitre 27 sur 78 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

APICATA, SES SUIVA^TES, puis LIVIE et GALLUS. APICATA, s’arrêtant devant le tumbeau, à l’une de ses suivantes.

Ma mère est là ! Fausta, non loin de cette enceinte,

La tienne attend aussi la libation sainte.

Ne laisse point pass. r ce dernier jour des moris ;

Va... l’oubli du devoir engendre le remords.

(Fausta s’éloigne. S’agenouillant au tombeau.)

O sépulcre profond ! ô dépouille mortelle !

O mânes ! ô ma mère ! entends-moi, je t’appelle. ..

Je t’appelle, c’est moi, ta fille, que les dieux Ramènent de l’exil pour ce devoir pieux.

Quel changement! Jadis, sur ta tombe bénie.

L’encens pur se mêlait aux parfums d’Arménie ;

La victime attendait, le prêtre était jirésent ;

Puis, sous le fer sacré coulaient dcsflots de sang...

Ainsi que le bonheur, la fortune est fragile.

Voici mes dons : du vin dans un vase d’argile.

O mère, qui m’entends, et dont le souvenir W’aride à porter les jours pesants de l’avenir.

Toi, de qui j’ai reçu, dans les heures d’orage,

La résignation qui double le^courage ;

O ma mère, reçois celte libation,

Par mes mains répandue à ton intention !

(Elle verse le vin sur le tombeau. En ce moment, Livie et Gallus paraissent dans le fonil du lliéatie. Léo les suit.)

GALI.U.S, à Livie. '

Vous n’écouterez pas votre aveugle colère ;

Page 1