ACTE III
Frappe sans se montrer, et tue en s’effaçant !
D’ailleurs, quel héritier choisir ? quel est cet homme. Sur qui reposeraient nos destins? qu’on le homme ? i Drusus?... Romain bâtard, qui n’a pas seulement L’audace ou la fierté de mourir dignement !
Néron?... un idiot! Caïus?... âme féroce.
Parodiant César pour être moins atroce.
Et qui traîne après soi Sertorius Macroii,
Dont le nom seul noos fait monter le rouge au front f
MÜRÉNA.
Je l’excuse, Gallus; et Séjan, qui m’écoute.
Sait que je l’apprécie autant que vous sans doute.
Mais, vouloir le porter au trône des Césare,
C’est la rébellion avec tous ses hasards ;
C’est la guerre, le sang, les luttes intestines,
Qui peupleront d’horreur nos campagnes latines!
Ce n’est pas l’empereur, ni même ses enfants.
C’est l’intérêt de Rome ici que je défends ;
Sa force, sa grandeur, péniblement accrues.
Que vous allez livrer aux tumultes des rues !... Romains, ne rouvrez pas la porte aux factions !
Songez à Marins et ses proscriptions !
Cornélius Sylla qui prit cent mille têtes !...
Puis, croyez -moi, ce sont de pénibles conquêtes.
De bien tristes lauriers, que ceux qu’on a cueillis Dans les convulsions où se meurt son pays !
Quand les temps calmeront vos têtes échauffées.
Vous puiserez des pleurs même dans vos trophées :
Plus nombreux les vaincus, et plus nombreux les morts, Plus vos cœurs saigneront dans d’éternels remords !
LA CllUTIi DE SÉJAN.
Chansons !
FÜLCINIÜS.
GALLU&
Discours en Tair !
MURÊNA.
C'est la guerre civile 1
GALLUS
Vision 1
MURÊNA, enveloppant Séjan d’un regard sèvère. Honte à ceux dont l’ambition vile  caché, sous l’appât d’un splendide festin, L’abîme où va rouler le vieux monde latin ;
Et, dans le vin qui fume et les coupes vidées. Délayé le poison des fatales idées !
Il est fou !
GALLUS, riant.
(On rit.)
MURÊNA.
Riez tous de ce que je dirai .
Mais contre un choix pareil, moi, je protesterai. . . Oui, je protesterai ; dût ma race éplorée Connaître la hauteur des roches de Caprée !
SÉJAN, à part.
Tout est perdu s’il parle !
MURÊNA.
Au sénat !... si ma voix Retrouve parmi vous son pouvoir d’autrefois.
Si l’indignation dont mon âme remue.
Passe comme un flambeau dans l’assemblée émue.