‹ La chute de Séjan drame en cinq actes et en versChapitre 41 sur 78 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Frappe sans se montrer, et tue en s’effaçant !

D’ailleurs, quel héritier choisir ? quel est cet homme. Sur qui reposeraient nos destins? qu’on le homme ? i Drusus?... Romain bâtard, qui n’a pas seulement L’audace ou la fierté de mourir dignement !

Néron?... un idiot! Caïus?... âme féroce.

Parodiant César pour être moins atroce.

Et qui traîne après soi Sertorius Macroii,

Dont le nom seul noos fait monter le rouge au front f

MÜRÉNA.

Je l’excuse, Gallus; et Séjan, qui m’écoute.

Sait que je l’apprécie autant que vous sans doute.

Mais, vouloir le porter au trône des Césare,

C’est la rébellion avec tous ses hasards ;

C’est la guerre, le sang, les luttes intestines,

Qui peupleront d’horreur nos campagnes latines!

Ce n’est pas l’empereur, ni même ses enfants.

C’est l’intérêt de Rome ici que je défends ;

Sa force, sa grandeur, péniblement accrues.

Que vous allez livrer aux tumultes des rues !... Romains, ne rouvrez pas la porte aux factions !

Songez à Marins et ses proscriptions !

Cornélius Sylla qui prit cent mille têtes !...

Puis, croyez -moi, ce sont de pénibles conquêtes.

De bien tristes lauriers, que ceux qu’on a cueillis Dans les convulsions où se meurt son pays !

Quand les temps calmeront vos têtes échauffées.

Vous puiserez des pleurs même dans vos trophées :

Plus nombreux les vaincus, et plus nombreux les morts, Plus vos cœurs saigneront dans d’éternels remords !

LA CllUTIi DE SÉJAN.

Chansons !

FÜLCINIÜS.

GALLU&

Discours en Tair !

MURÊNA.

C'est la guerre civile 1

GALLUS

Vision 1

MURÊNA, enveloppant Séjan d’un regard sèvère. Honte à ceux dont l’ambition vile  caché, sous l’appât d’un splendide festin, L’abîme où va rouler le vieux monde latin ;

Et, dans le vin qui fume et les coupes vidées. Délayé le poison des fatales idées !

Il est fou !

GALLUS, riant.

(On rit.)

MURÊNA.

Riez tous de ce que je dirai .

Mais contre un choix pareil, moi, je protesterai. . . Oui, je protesterai ; dût ma race éplorée Connaître la hauteur des roches de Caprée !

SÉJAN, à part.

Tout est perdu s’il parle !

MURÊNA.

Au sénat !... si ma voix Retrouve parmi vous son pouvoir d’autrefois.

Si l’indignation dont mon âme remue.

Passe comme un flambeau dans l’assemblée émue.

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