ACTE IV
Vous êtes les bourreaux de César, voilà tout ! —
Faites votre métier !... — Je tomberai debout,
Comme sous l’action du fer, tombent les chênes !. . . Entassez cris sur cris, colère, injures, haines; Faites-en un amas formidable... Romains,
Je vous écraserai du poids de mes dédains!
Ne m’interrompez pas, faux fds de l’Italie 1 Je vous parle de haut, car le passé vous lie ,
Car je fus votre maître, et je vous ai tenus Palpitants sous mes pieds ! — Oh ! vous m’êtes connus ! Vous ferez de ma mort votre plus douce étude:
Vous avez à venger dix ans de servitude ! —
Allons, finissons-en ; frappez ! — Cela t’est dû , Fulcinius Trion : tu te croyais perdu ;
Je t’ai tendu la main, et tiré de l’abîme;
Tu fais bien de payer ce bienfait par un crime. — Frappe, Cnéus Varron : je t’ai fait sénateur. —
Toi, Sextus, mon client, plus tard mon délateur. — Vous aussi, Scipion, Quintus, Sylla, Camille...
J’ai voulu vous nommer par vos noms de famille.
Pour bien montrer aux yeux, Romains dégénérés , Quels étaient vos aïeux que vous déshonorez ! — Maintenant le bourreau peut venir !
VALÉRIÜS.
A cette heure
Je vote pour la mort , moi , Scipion !
JÜLIÜS.
Sur-le-champ , oui I
Qu’il meure
FULCINIUS.
Devant un pareil attentat ,
98 LA CIIUTL DK SLJAN.
Je vole aussi la mort , moi, prince du sénat !