I.Ë CONSUL MÉMÉNIUS, menaçant
Gallus !...
GAI.LUS, allant à Séjan.
C’est mon ami ! Je vous le dis en face ! — Vous êtes plus que moi pâles de mon audace , Farouches insulteurs, qui déjà redoutez Qu’il ne soit innocent lorsque vous l’insultez.
Juges, qui condamnez bravement la victime,
Sans même interroger la preuve de son crime ! . ,
LE CONSUL MÉMÉNIUS.
Tu seras satisfait.
(.\ Livie. )
La preuve ?
LIVIE, jetant les lettres au feu du trépied.
La voilà !
(Mouvement pour rassaisir les lettres ; Livie s’y opposant.)
Vous me tuerez d’abord ! — Me prêter à cela?. ..
Merci de cette indigne et honteuse vengeance ,
Où l’infamie et vous marchent d’intelligence!
Votre excuse n’est pas môme dans la fureur;
Vous l’assassineriez pour plaire à l’empereur !...
Des preuves?... Eh bien ! soit, ramassez-en la cendre; Faites , vous ne pourriez jamais plus bas descendre 1
(Mouvement prolongé.)
LE CONSUL MÉMÉNIUS.
Si l’accusation de César vous suffit , l’rononcez.
LE SÉNAT, en masse.
La mortl
GALLUS, ù part.
Dieux !
LIVIE, avec une sorte dVgareraeut.
Sa mort ?... C’est un déG?... — Eh bien , écoutez donc ! — Que ma honte retombe Sur vous , qui me poussez à partager sa tombe !
Que les dieux et Cé-^ar, jaloux de vous punir.
Vous fassent de ma mort un sanglant avenir !
Oui , cet homme, exaltant sa propre destinée ,
Rêva le principat dans Rome dominée ;
Le monde , il en a ri ; l’honneur, il l’a hué;
El si Drusus est mort , c’est lui qui l’a tué !...
Jusqu’à la cruauté prolongez son supplice...
Frappez... mais des deux mains, car je suis sa complice! LE,. SÉNAT.
Ciel I
LE CONSUL HÉMÉNIUS, aux licteurs.
Vous m’en répondez.
iLes licteurs entourent Livie. A Séjan.) Quant à toi... —
SÉJAN