ACTE V
SÊJAN, la ramenant involontairement sur son cœur.
Sans doute, en se quittant, L’un fait bien de se voir, ne fût-ce qu’un instant! l/liomme part , mais non pas comme fait l’Iiirondelle , Que le printemps ramène à nos vieux murs fidèle TI s’en va , sous la main rigoureuse du sort ;
El l’absence est souvent une sœur de la mort ! APICATA.
Ah 1 dans le calme heureux de nos belles années,
Quelle sibylle aurait prévu nos destinées !. ..
Nous allions, chaque ^ir, souriant et rêvant,
Le long du Tibre heureux que caressait le vent ;
Et si parfois, sur l’eau, nos ombres confondues Attiraient nos regards : alors, les mains tendues,
Tu me disais : Soyons côte à côte toujours ;
Une ombre pour deux corps un cœur pour deux amours !
SËJAN.
Dans ces derniers adieux emporte aussi mon âme.
.le t’aimais !
APICATA.
Taisez-vous !
LIVIE, à part.
Heureuse, heureuse femme SÉJAN.
Je t’aime encor !
APICATA.
Tais-loi !
LIVIE
Comme ils s’aiment !
APICATA.
Tais-loi !
LIVIE, à Si^jan.
Epuise ton bonheur, épuise-le, crois-moi ;
La mort l’entoure 1
APICATA.
Hélas !
SÊJAN, à Apicala avec terreur.
Quoi donc ?
. APICATA, cherchant à fuir.
Hien.. . ma pensée...
.^ÊJAN, la retenant.
Tu ne sortiras pas !
APICATA.
Oh !
SÊJAM .
Ta main est glacée ?
APICATA, faisant un dernier effort pour sortir.
Adieu, te dis-je, adieu !.. . Je- ne puis... Mes genoux Fléchissent.. .. Dieux puissants! ayez pitié de nous. — (Uelenant Séjan.)
Non reste. Il est trop tard : je meurs empoisonnée.
(Séjan pousse un cri d’horreur en regardant Livie. LIVIE.
Ce n’est pas moi !
APICaTA.
Chacun subit .«-a destinée.
SÉJAN, courant à la porte, et l’ébranlant avec désespoir.
Du secours! du secours!
APICA.TA.
Mon sort doit s’achever.