SCÈNE XV
Il est parti... et je reste là, moi, je reste là. (En essayant de contenir ses sanglots.) Et c'cst maintenant que je les comprends ces paroles que me disait un soir la femme géante, celle pour laquelle on offre dix mille francs à la personne qui pourra la rivaliser... Toi aussi, me disait-elle, toi aussi, tu seras amoureuse... (En sanglotant tout à fait.) et tu Verras comme c'est embêtant!... Elle aimait un nain, elle, un affreux petit nain ; moi, au moins, j'aime un bel bomme... il ne m'aime pas, il adore Adèle... son Adèle!... Ob! mais c'est impossible, ça ne peut pas durer cet amour-là... voyons donc, voyons
donc... (Elle prend des cartes, vient tomber à genonx devant un taLoiiret et
étale ses cartes sur ce tabouret.) Qu'est-ce que je dlsaîs... ça ne durera pas. Il s'apercevra qu'elle le trompe... il cessera de l'aimer... et il en aimera une autre. (Avec agitation.) Et qui estelle, cette autre, qui est-elle?... (Avec douleur.) Une demoiselle du plus grand monde... qui lui aura jeté quelque chose à la tète... Une demoiselle du plus grand monde... ce n'est pas moi... (ed reprenant ses cartes.) Allons, ce que j'ai de mieux à faire c'est d'essayer de me débarrasser démon amour... ce ne sera peut-être pas facile, mais avec le temps... aujourd'bui j'en oublierai un peu. demain encore un peu... après-demain la même chose... jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien... plus
rien du tout... et alors... (nulcoré sort de sa chambre avec la paysanne.)
En attendant, il faut prendre un parti... Ah bab! je m'en vais retourner dans mcn ancienne troupe, cbez la mère Gendarme.
Pendant ce temps, Dulcoré a reconduit la paysanne qui sort par la porte du fond au moment où la Cigale pronoDce ces mots : la mère Gendarme 1
.i2 LA CIGALB