SCÈNE PREMIÈRE MICHU, TURLOT
MICHU, entrain de bouciei' son sac sur la table de gauche, et fredonnant le refrain suivant :
La peinture à l'huile, C'est plus difficile, Mais c'est bien plus beau Qu' la peinture à l'eau.
Turlot parait pendant que Michu fredonne ces quatre vers. II a une lettre dans chaque main et examine attentivement les adresses des deux lettres,
iliibu, Turlot.
TURLOT
Une lettre pour vous, monsieur Micliu. ..
ÎIICHU.
Donnez.
TURLOT
J'en ai une aussi pour votre ami, M. Marignan. Et je parierais qu'elles ont, toutes les deux, été écrites par la même personne.
MICHU
Pourquoi ça?...
TURLOT
Parce que les deux adresses sont de la même écriture. Tenez, regardez.
Il fait voir les deux lettres à Jlichn. MICHU, preirant l'une des deux lettres.
Ce n'est pas une raison... il y a des hasards... Mais donnez donc...
TURLOT
C'est de la même personne, je vous dis!... je parierais que c'est de la même personne.
Il s'en va au fond et se met à ranger sur le bnlfet; mais, en remontant, il entend les mots : C'est d'Adèle, dits par Micliu.
MICHU, descendant au milieu de la scène.
C'est d'Adèle, (n lit.) Mon chéri, j'avais trop présumé de mes forces, je ne peux pas rester huit jours sans te voir. Demain jeudi, je prendrai le train de neuf heures et je serai à onze heures à la gare de 3Ielun. Viens me chercher avec une voiture. Je fenvoie tous les baisers de mon cœur, adèle. Post-scriptum. J'écris la même chose à Marignan ; seulement, toi, c'est sincère.
TURLOT, redescendant.
11 ne descend donc pas, M. Marignan?...