ACTE DEUXIÈME fiS
LA liAHONNE.
Il faut tâcher de la perdre, l'habitude ! cela est de la dernière importance, aujourd'hui surtout.
Pourquoi aujourd'hui plus que les autres jours?
LA BARONNE
Eh bien, dame... parce que, aujourd'hui... ce jeune homme que tu as vu tout à l'heure... ce jeune humme...
Il n'est pas joli ..
DULCORÉ.
Non... mais il a grand air.
LA BARONNE
Il redescendra tout à l'heure, ce jeune homme... on trouvera moyen de vous laisser seuls tous les deux...
Tout seuls... tout seuls?...
LA BARONNE
Non, pas tout seuls, tout seuls... Le marquis et moi, noite irons, nous viendrons... sans avoir l'air... de façon à ne pas gêner votre entretien.
DULCORÉ.
Il est bien entendu... je demande pardon à madame la baronne... c'est le zèle qui m'emporte... il est bien entendu que, dans cet entretien, il ne faudra parler ni de M. Bibi, ni de M. Carcassonne, ni de M. Filoche.
Ni du veau à deux têtes?...
LA BARONNE
Non; si les hasards de la comersation t'amènent à parler
6b LA CIGALE
de ton passé, tu raconteras ce qui a été convenu entre" nous... Tu le rappelles ce qui a été convenu?...
Parfaitement, ma tante, parfaitement, (comme récitant une leçon.) Élevée dans une feime du Poitou, je fus, à Tàge de trois ans et demi, volée par des bohémiens, (ciian-cant de ton.) Ça, c'est la vérité.
LA BARONNE
Oui, ça, c'est la vérité...
Ces Bohémiens m'emmenèrent en Suisse... C'est ici que commencent les craques...
LA BARONNE .H DULCORÉ.
Les craques! I
Non,., non... je sais, il ne faut pas dire... (se reprenant.) C'est ici que commencent les blagues.
LA BARONNE et DULCORÉ.
Oh!
Non... non... c'est ici que commence... ce que... ce qui... ce qui n'est plus la vérité...