ACTE DEUXIÈME 9J
LA CIGALE, essoufflée, halotante, lelevaut ses cbevoux épars.
Ouf!...
MARIGNAN
Une jeune demoiselle...
Taisez-vous.
Une jeune demoiselle du monde... En effet, je me souviens,., pendant que j'étais là, tout à l'heure, à moitié évanoui... madame la baronne n'était pas seule... Il y avait auprès d'elle...
Taisez-vous donc... Ma tante m'avait enfermée dans la lingerie... Heureusement, en face de la lingerie, il y a la balançoire... j'ai monté sur le rebord de la fenêtre, j'ai sauté... avec les deux mains, comme ça, j'ai attrapé les deux cordes de la balançoire... et de l'élan que le choc m'a donné, je suis presque arrivée jusqu'ici.. .
3IARIGNAN.
Une pareille élasticité ! Eh ! mais attendez donc... je vous reconnais, il me semble...
Allez donc...
MARIGNAN
Eh oui !... c'est-à-dire non, je ne suis plus la Cigale, maintenant... je suis mademoiselle des Allures...
MARIGNAN
Est-il possible?
Ernestine des Allures... la propre nièce de madame .a baronne des...
Ah bien , par exemple, si je m'attendais à vous retrouver...
J'étais bien sûre, moi, que je vous reverrais. . . Je ne dirai pas que je vous attendais aujourd'hui, mais, aujourd'hui ou
un autre jour, j'étais bien sûre... (Tirant des cartes do sa poche.)
Elles me l'avaient pi'omis...
ÎÎAKIGNAN.
Vos cartes ?...
Oui... Tenez, damedecarreau... c'est elle, la dame blonde... huit de pique... trahison... huit de carreau... elle est découverte... Vous avez fini par vous apercevoir qu'elle vous trahissait la dame blonde ?
MAHIGNAN.
Oui...
Les cartes le disent...
MARIGNAN
Et disent-elles aussi comment je m'en suis aperçu?
Non...
MARIGNAN
Eh bien, elles ont tort, car c'est cela surtout qui est curieux...
Vraiment.
Oh! oui...
Racontez-moi donc ça...
MARIGNAN