‹ La CigaleChapitre 2 sur 151 · PUISQUE LES DIEUX M'ONT FAIT CIGALE · texte numérisé non relu

PUISQUE LES DIEUX M'ONT FAIT CIGALE

Puisque les dieux m'ont fait cigale, J'obéis à leur volonté, Et je veux d'une voix égale Chanter les moissons tout l'été.

Sans doute un passant qui s'étonne Pourra s'écrier : « Quel ennui !

Te tairas-tu, voix monotone! »

D'autres penseront comme lui...

Mais j'accomplis mes destinées.

Je dirais l'été blond et vert Et le cours fécond des années Même à midi, dans le désert.

Et peut-être un passant plus juste Comprendra, dans son cœur touché, Qu'obéissant au rhythme auguste, Mon hymne est plein d'un sens caché

Que je dis à l'homme qui rêve Endormi d'un mauvais sommeil, La vertu des chênes en sève Et la jeunesse du soleil !

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