PUISQUE LES DIEUX M'ONT FAIT CIGALE
Puisque les dieux m'ont fait cigale, J'obéis à leur volonté, Et je veux d'une voix égale Chanter les moissons tout l'été.
Sans doute un passant qui s'étonne Pourra s'écrier : « Quel ennui !
Te tairas-tu, voix monotone! »
D'autres penseront comme lui...
Mais j'accomplis mes destinées.
Je dirais l'été blond et vert Et le cours fécond des années Même à midi, dans le désert.
Et peut-être un passant plus juste Comprendra, dans son cœur touché, Qu'obéissant au rhythme auguste, Mon hymne est plein d'un sens caché
Que je dis à l'homme qui rêve Endormi d'un mauvais sommeil, La vertu des chênes en sève Et la jeunesse du soleil !