‹ La cité de Carcassonne (Aude) (volume 2)Chapitre 6 sur 26 · L'ÉGLISE DE SAINT-NAZAIRE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE DE SAINT-NAZAIRE

dans la construction de cette partie de l'église, et c*est pourquoi les deux bras de ce transept présentent une disposition originale qui appartient seulement à quelques édifices de l'école romane du Midi, antérieure au xiii* siècle.

En effet, sur chacun de ces bras de la croix s'ouvrent trois chapelles orientées, séparées seulement par des claires-voies au-dessus d'une arcature de soubassement aveugle. Quatre des piliers qui forment la séparation de ces chapelles sont cylindriques comme pour rappeler ceux de la nef du XII* siècle.

L'évêque Pierre de Roquefort sembla vouloir faire de sa cathédrale de Saint-Naïaire, si modeste comme étendue, un chef-d'œuvre d'élégance et de richesse. Contrairement à ce que nous voyons à Narbonne, où la sculpture fait complètement défaut, l'ornementation est prodiguée dans l'église de Saînt-Nazaire. Les verrières, immenses et nombreuses (car oe chevet et ce transept semblent une véritable lanterne), sont de la plus grande magnificence comme composition et couleur. Le sanctuaire, dont les piliers sont décorés des statues des Apôtres, était entièrement peint. Les deux chapelles latérales de l'extrémité de la nef, au nord et au sud, ne furent probablement élevées qu'après la mort de Pierre de Roquefort, car «lies ne se relient point au transept comme construction, et, dans l'une d'elles, celle du nord, est placé, non pas après coup, le tombeau de cet évoque, l'un des plus gracieux monuments du xiv* siècle que nous connaissions.

Les grands vents du sud est et de l'ouest qui régnent à Carcassonne avaient fait ouvrir la porte principale sur le flanc nord de la nef romane ; une autre porte est percée dans le pignon du bras de croix nord ; et dans l'angle de ce

m LA CITÉ DE CARCASSONNE.

bras de croix est un joli escalier en forme de tourelle saillante. Des deux côtés du sanctuaire, entre les contre-forts, sont disposés deux petits sacraires qui ne s'élèvent que jusqu'au-dessous de Tappui des fenêtres. Ces sacraires sont munis d'armoires doubles, fortement ferrées et prises aux dépens de l'épaisseur des murs. Il servaient de trésors, car il était Tusage de placer, des deux côtés du maître autel des églises abbatiales ou cathédrales, des armoires destinées à renfermer les vases sacrés, les reliquaires et tous les objets précieux.

Outre les tombeaux des évêques Radulphe et Pierre de Roquefort on voit, sur les parois du sanctuaire, côté de Tévangile, un beau tombeau en albâtre d'un évcque dont la statue est couchée sur un sarcophage et que Ton dit être Simon Yigor, archevêque de Narbonne, mort à Carcassonne en 1575." Ce tombeau et la statue datant du xiv* siècle ne peuvent, par conséquent, être attribués à ce prélat. Nous?^ signalerons une autre erreur. On a placé dans l'église de Siiint-Nazaire une dalle funéraire que Ton donne comme ayant appartenu au tombeau du fameux Simon de Montfort D'abord le toinlvau de Simon de Montfort fut élevé près de IMontfort- TAnutury, dans l'église de l'abbaye dos Haules-Bruyères, ot^ s'il \ eut jamais à Carcassonne un monument dressé îi sa uu'm»>ire, après la levée du siège de Toulouse, ce no pourrait être une dalle funéraire. Puis la gravure de cette dulK\ rihsoription, t^ont tracées par un faussaire ignorant et inhatuliv loulofois, cette dalle ayant été retrouvée, dit-on, sans ijuoii x.i MX oxaotement où et comment, et donnée à l'église \.W Siuul N.uaiiv, nous-n'avons pas cru devoir la rejeter.

Ou \oil, merusté dans la muraille de la chapelle de vh vmU\ un fragment d'un bas-relief d'un intérêt plus sérieux

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