‹ La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal [microforme]Chapitre 1 sur 82 · BENJAMIN FAR · texte numérisé non relu

BENJAMIN FAR

T ’histoire de Sainte-Cunégonde ne se perd pas Le dars ia nuit des temps! A l’époque de la fameuse guerre qui se termina par la cession du Canada à l’Angleterre, il ne devait pas même exister une seule habitation sur l'étendue de terre où elle grandit actuellement.

Cette probabilité m'est suggérée par un écrit de S. E. Dawson que je résume ainsi: Le général Ambherst en faisant halte, avec sa nombreuse armée, près du fort de la montagne, situé sur le Côteau nord de notre ville, vit toute la surface qui s'étendait devant lui jusqu'aux fortifications de Montréal, couverte de champs de maïs, de vergers et d’arbustes.

Le lieu où naquit notre fière petite ville, n’a donc aucune importance historique.

Tout au plus peut-on dire qu'il fut témoin du passage de Jacques Cartier, lors de sa visite à la bourgade d'Hochelaga en 1535 (car le révérend abbé Proulx prétend que le découvreur du Canada ne débarqua pas au pied du courant mais au pied du #ault St. Louis. Il prétend de plus que la bourgade se trouvait près du site de la catbédrale St. Pierre.) Jacques Cartier eut donc à traverser les paroisses St. Paul, St. Henri, Ste. Cunégonde et St. Joseph.

Plus tard, notre coin de terre ignorée, a dû encore être témoin des marches et contremarches des soldats français et des guerriers sauvages ; des détachements américains en 1775, des armées anglaises et américaines en 1812-13-14. Quo'qu'il en soit, Sainte-Cunégonde est une véritable démocrate, et son origine n’a rien de particulier ni sous le rapport historique, ni sous le rapport religieux. Ce qu’elle possède aujourd’hui elle l’a acquis par son travail.

Le terrain, d’abord la propriété du séminaire et des sœurs grises était en partie boisée. Le reste formait une savane qui se prolongeait jusqu’au

square Chaboillez et qu’on appelait la “Petite pourgogne.’’ Quelques riches citadins recherchant la tran qui-

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