janvier de l’année mil huit cent soixante-seize
‘sous notre seing et le contre seing de notre ‘“ sécrétaire.”
T IG. Ev. DE MONTREAL.
TJ. O. PARE Chau-Sécrétaire.
Aussitôt, ce corps, sous la conduite de son président, quoique les revenus de la paroisse fussent très faibles, commença cette fes: de travaux qui étonnent nos voisins.
Les paroissiens reconnaissant les talents et la. haute compétence de leur pasteur, admirant son courage, son ardeur, son activité, répondirent avec joie à ses appels. Leur générosité ne connut pas de bornes. En présence des succès de son délégué, Sa Grandeur l’évêque de Montréal lui écrivait la lettre suivante qui démontre que le chef du diocèse connaissait parfaitement son inférieur daus l’ordre hiérarchique :
MONTREAL, 14 mars, 1876.
et MONSIEUR LE CURE,
En réponse à votre dernière de je ne puis que vous encourager à promouvoir de . toutes vos forces, en comptant sur le zèle de vos
marguilliers, et la bonne volontéde vos paroissiens, de les intérêts matériels et spirituels de votre nouvelle ze paroisse, où tout est à faire.
. Votre Sainte Patrone, la Bienheueuse Cunégonde qui, en société avec son glorieux Epoux St. Henri, a fondé tant d'établissements religieux F7 viendra, n’en doutez pas, au secours de la seule paroisse qui dans ce pays, est dédiée à son honneur.
ré- Dans ce ferme espoir, je demeure bien sincèreant ment. Monsieur,
Votre très humble et obéissant seviteur.
f IG. Ev. DE MONTREAL.
M. A. SEGUIN, Ptre., Curé de Ste, Cunégonde.
Prêtre, le M. À. Séguin, avec le concours des fidèles, mit à exécution les recommandations de son supérieur. D’année en année surgirent,
d’abord une église, puis une école pour les garçons, une‘académie pour les filles, un pensionnat aussi pour les filles, une maison de charité, un presbytère. Des congrégations furent fondées : celle de la Saïnte-Vierge pour les hommes et les jeunes gens, celle de Sainte-Anne pour les Dames, celle des Enfants de Marie pour les demoiselles, enfin l’archiconfrérie du Saint-Rosaire et l'Union de prière pour les deux sexes. |
Citoyen, ila aidé de ses conseils sages, prudents, raisonnés, nos hommes publics. Il a pris une part active à nos intérêts matériels De sorte qu'il peut être considéré comme un des promoteurs de notre cité. Que de choses nous n’aurions pas sans sa persistance à les demander ?
Depuis dix-huit ans qu’ilest au! milieu de nous, notre curé s’est fait chérir et considérer par ses paroiïssiens. De là l’autorité qu'il s'est acquis, et dont il se sert pour ramener au bercail les brebis égarées, pour consoler et guérir les âmes malades.
Dans la chaire, ses instructions sont écoutées avec soin, non pas parcequ'elles renferment de grands mouvements oratoires, des ornements recherchés, des artifices puérils et frivoles, mais bien parcequ'’elles sont couites, familières et à la portée des esprits.
L'abbé Séguin ‘‘a le talent assez rare de pouvoir traiter les questions les plus élevé:s dans un
SI
langage simple. C’est par les images saisissantes qu'il tient évéillé l'attention des auditeurs.”
Maïntenant que j'ai raconté une partie de son voyage sur cette terre, que j'ai indiqué sommairement ses œuvres, qu'on me laisse citer en terminant, le paragraphe suivant, qui seint d'une manière admirable celui qui a été le sujet de ce chapitre:
‘® Au physique, il est des plus distingués ; de haute stature, la tête large, le front vaste, la poitrine forte, l'œil vif et qui semble scruter les penséès les. plus intimes des autres, la lèvre moqueuse, le sourire fin. Une physionomie énergique, décidée, mais tendre, lui donne je ne sais quel ensemble de gravité, d'autorité de mansuétude. Sa vivacité naturelle se manifeste parfois sur sa figure —mais c'est l’éclair—la volonté et la réflexion y ramène à l'instant une habituelle placidité."?
Lei R —