L'EGLISE —(INTERIEUR
gème TABLEAU (côté gauche du chœur.)
Une nuit après de longues prières, le sommeil commençant à l’accabler, elle s'était mise au lit, qui n’était qu’une simple paillasse couverte d’un cilice ; la religieuse, qui avait coutume de lui lire l’'Ecriture sainte, s'endormit aussi et laissa tomber la chandelle qu’elle avait entre les mains. Le feu ayant gagné la paillasse, y prit aussitôt et commença par le bruit qu’il fit à réveiller les autres religieuses. La sainte s'étant aussi éveillée se trouva au milieu des flammes ; elle eut recours à ses armes ordinaires: la prière, fit le signe de la croix, et le feu s’éteignit à l’instant même, sans avoir touché le tnoins du monde à ses habits, toutes les religieuses assemblées remercièrent le Ciel et glorifièrent la Providence pour ce nouveau prodige.
1oême TABLEAU (idem.)
Quand elle eut passé quinze années en religion, avec tant d’humilité et de piété qu’elle était admirée de tout le monde, son extrême abstinence, ses prières et ses veilles continuelles la firent enfin tomber dans une telle langueur et ensuite dans une si grande maladie, qu’il ne lui restait plus de force. Mais plus son corps s’affaiblissait au dehors, plus son esprit se fortifiait au dedans, et les louanges de Dieu étaient continuellement en sa bouche.
Le bruit de l'extrémité où elle était ne remplit
pas seulement de douleur toutes ces bonnes religieuses, maïs aussi les personnes de toute condition de la ville. Lorsqu'elle fut près de rendre l’esprit et qu'on récitait déjà les prières des agonisants, ayant aperçu que l’on préparait un drap mortuaire brodé d'or pour mettre sur son cercueil, elle fut si surprise de se voir traiter comme impératrice, et non comme pauvre religieuse, que son visage, qui paraissait gai à cause de la joie qu’elle ressentait de la venue de Jesus-Christ son Epoux changea aussitôt, elle fit signe de la main et dit: ‘* Cet ornement ne me convient pas ; ôtez-le d'ici. Lorsque j'ai épousé un homme mortel, j'ai porté de riches habits; mais le pauvre habit que j'ai maintenant est celui d’une épouse de Jésus-Christ ; ne cherchez donc point d’autres ornements pour couvrir mon corps, et enterrez-le auprès de celui de mon frère et de mon seigneur l'empereur Henri, qui m'appelle, je le vois. Sa vie finit avec ces paroles, et elle rendit son âme à Dieu, l'an 1040.
Par
Ces tableaux dont nous venons de donner les sujets, sont d’une teinte grise nuancée du pâle au foncé selon les besoins des clairs obscurs. Mais, il y en a trois autres, un derrière chaque autel, en
coulcurs voyantes qui par leur beauté ne sont pas
les moins dignes d’attention. Le premier est celui du sanctuaire au-dessus du maitre sutel, c’est