‹ La cité de Sainte-Cunégonde de Montréal [microforme]Chapitre 30 sur 82 · CHARITE · texte numérisé non relu

CHARITE

C'est en visitant les pauvres que nous nous réchauffons le cœur, que nous devenons meilleurs chrétiens, et par là des hommes plus complets.

Que de bonnes et utiles leçons nous recevons dans ces tristes demeures!

Que d'enseignements précieux nous trouvons dans le spectacle quotidien de toutes ces misères, de toutes ces souffrances ! Quelle philosophie, à la fois élevée et pratique nous est aussi inculquée presqu'à notre insu! JOSEPH DESROSIERS.

1 est au monde une société dont l’œuvre soit en harmonie avec Ja doctrine évangélique c'est bien celle de Saint-Vincent de Paul!

Quelle vertu peut être plus agréable à Dieu que la charité, surtout lorsque nous voyons son divin Fils la pratiquer, et ne pas cesser de la recommander à ses disciples ?

Dans une lettre pastorale, le second évêque de ce diocèse disait aux fidèles ces paroles mémorables : ‘‘ Votre charité est un présent plus précieux aux yeux de Jésus-Christ que ne le fut l'or

des mages.’”’ Dès la fondation d’une paroisse :il nous semble qu’elle doit être établie, parceque les pauvres sont de tous temps et de tous lieux.

C'est ce que l’on a compris ici, car la société Saint-Vincent de Paul eut une section sous le premier cesservant M. Prud’homme.

Personne n’ignore le bien que cette association de charité a fait au milieu ‘le nous. Si le contraire existait il nous suffirait de placer les cinq articles de son règlement qui définissent parfaitement sa fin.

Ces articles se lisent comme suit :

1° De maintenir ses membres par des exemples et des conseils, dans la pratique d’une vie chrétienne ;

20 De visiter les pauvres à domicile, de leur porter des secours en nature, de leur donner aussi des consolations religieuses nous souvenant de ces paroles de notre Maître: Von in solo pane vivit homo, sed in omni verbo quod procedit de ore Det ;

3° De nous appliquer, selon nos facultés et le temps que nous avons à l'instruction élémentaire et chrétienne des enfants pauvres soient libres, soient prisonniers, ce que nous aurons fait pour le plus petit d’entre nos frères Jésus-Christ nous a promis qu’il se le tiendra pour fait à lui-même ;

4° De répandre des livres moraux et religieux ; 5° De nous prêter à toutes sortes d’autres œu-

vres charitables auxquelles pourraient suffirent nos ressources, en ne s’éloignant pas du but premier de la société et pour lesquelles elle provoquerait notre concours sur la proposition de ses directeurs.

Ne sont-ils pas admirables ces devoirs tracés en quelques lignes ?

N'est-il pas consolant de voir nos premiers citoyens se réunir pour faire l’aumône, et distribuer aux familles éprouvées, les vivres qui les préserveront de la mort et les conserveront dans le chemin de la vertu. La faim et le froid sont des mauvais conseillers qui ont fait commettre bien des crimes.

La religion catholique seule pouvait inspirer ces actions qui nous paraissent simples et toutes naturelles, mais cette simplicité elle-même touche au sublime.

Pratiquer cette vertu avec ostentation, ou pour en retirer bénéfice, c’est lui enlever tout son mérite ; voilà pourquoi les membres de notre société ont toujours essayé de cacher le bien qu'ils faisaient.

Ils ont agi en conformité avec les enseignements du Maître qui disait : La main gauche doit ignorer ce que donne la main droite!

D'un autre côté faire la charité, surtout, visiter

les pauvres, est un puissant moyen de rester dans la boune voie.

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