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THEATRE ET AMUSEMENTS

Durant la vie il est impossible de toujours rester sérieux ou affairé ; il faut rire et se distraire de temps à autre.—JEAN NOEL.

ɰ 1878, la corporation du village accorda, à.

M. M. Beaudoin et Despaties la permission

d'établir un rond de courses en velocipede sur un terrain vacant, situé au coin des rues William et Napoléon.

Ces lieux d’amusements étaient en grande faveur à cette époque et il en existait un peu partout.

Disons en passant que le plus fameux fut celui du village St. Jean-Baptiste où se réunissait hebdomadairement tout ce que Montréal comptait de célébrités dans le monde du sport.

L'attraction consistait en courses de vélocipèdistes entremêlées de jeux athlétiques et acrobatiques.

Notre peuple a toujours eu un penchant pour les exercises physiques. L'histoire est là pour le témoigner.

D'ailleurs nos hommes forts, nos athlètes, nos accrobates ont parcouru un peu tous les pays et

partout on les a acclamés.

Cet état de choses étant donnéon peut s’imaginer avec quelle enthousiasme la foule se portait à ces sortes de spectacles qui ont été renouvelés depuis au Parc Sohmer avec tant de succès.

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Ta vignette vi-dessus donne une excellente ds: ‘ rond qu’on construisit ici.

ñ « has des gradins existait une voie circulaire sur iaquelle les vélocipèdistes prenaient leurs ébats.

Au centre, dans l’espace libre, s'élevait une espèce d’estrade avec toit, pour les acrobates,

Les représentations <e donnaient le dimanches et les jours de fête, durant l’après-midi. Le droit d'entrée étant de dix cents les spectateurs étaient nombreux.

Une après-midi que l’affluence était plns considérable que d’habitude, les gradins cédèrent sous le poids énorme qu'ils supportaient et une panique se produisit.

Heureusement, aucun accident grave ne fut enregistré, cependant pour une cause ou pour une autre la chose fut abandonnée pour toujours.

C’est alors que notre théâtre daigna faire son apparition.

La seule salle qui existait était la ‘‘ Windstanley Hall,’’ dont les changements de destination sont nombreux et des plus opposés.

Quelques pièces furent jouées là avec un certain succés,

Après la construction de l’école des garçons, rue Vinet, il fut décidé de faire une salle propre aux séances dramatiques dans l’étage supérieur de la bâtisse. Cette idée rencontra d'autant mieux l'approbation de tous, que la dite salle pouvait en même temps servir à plusieurs fins scolaires.

Son ouverture au public date du 16 juin 1884. A cette occasion on y donna une grande et re-

marquable représentation du drame en cinq actes intitulé : ‘‘ Les pirates de la savane.”

Les amateurs étaient recrutés parmi la jeunesse intelligente aidée par quelques vétérans de la scène.

Plusieurs se révélèrent acteurs de talent en cette circonstance et les décors peints spécialement pour la pièce par M. Bélanger, vicaire, ne contribuèrent pas pour peu au succès étourdissant qui couronna les efforts de chacun.

Le 16 février 1885, les amateurs enthousiasmés de leur réussite entreprirent de jouer un drame à sensation, tenant à la fois de la sorcellerie et de l’opéra.

Cette pièce bizarre, mais dont l'effet est immense et des plus saisissants, avait un nom bien sonore et bien harmonieux : ‘‘Andalouma.”

L'auteur, un missionnaire du continent des noirs, avait voulu rendre les scènes les plus caractéristiques de la vie africaine. Il avait voulu mettre sous les yeux des blancs, les horreurs qui se commettent chaque jour là-bas ? En un mot, il voulait contribuer, dans la mesure de ses forces, à la grande œuvre du cardinal Lavigerie, en intéressant la race française au sort des malheureux nègres. :

Toutefois, je crois qu’il ne s’attendait pas à ce que son drame fut interprété sur la scène, car il

LE THEATRE STE-CUNEGONDE DURANT LA REPRESEN- TATION DE ‘LA FLEUR DE LYS.”

était hérissé de difficultés de toutes sortes et il ne l'avait publié que dans les ‘Annales de la propagation de la foi.”

Conime je l’ai dit, nos amateurs entreprirent de

jouer ce drame. C'était audacieux ! Néanmoins,

sous l’habile direction de M. J, P. Vébert, ils remportèrent un nouveau succès, ce qui fut loin de uuire à leur réputation. .

Andalouma a été répétée. trois’ ou quatre fois dans la suite, et toujours elle a -enlevé les applaudissements sincères des spectateurs. |

Le 25 juin, de la même année, on joua: ‘‘ Jean le maudit ’’ et les ‘‘ Martins pêcheurs.”

La soirée fut solennelle. L’'honorable Gédéon Ouimet, surinteadant de l'instruction publique, était présent. Les acteurs méritèrent ses félicitations.

La séance qui suivit (24 août 1885), n'eut pas le même sort. ‘ La Vengeance de Dieu,” petit drame en quatre actes suivit du “ Médecin malgré lui,’’ comédie en trois actes firent peu d'impression sur le public.

Nos amateurs prirent une éclatante revanche, le sept mars 1886 avec L,/Aomme de la foret noire et 7igruche jouées au profit des pauvres de la paroisse. La richesse des costumes, la beauté des décors, le jeu facile des acteurs en firent une des plus jolies soirées,

A la suite, on représenta tous les principaux drames pour hommes, avec autant de bonheur.

Méntionnons en passant: Zes boucaniers en 1887 ; ‘Les enfants du capitaine Grant en 1887 ;, Le naufrage de la Medusè. Un drame a la Bastille en 1890 puis /es Crampons de sauvetage.

Cette pièce clos la série de réprésentation données par ceux qui s'intitulaient les amateurs de Sainte-Cunégonde.

Ces amateurs recrutés un peu partout, ne s'étaient jamais formés en société régulière. Aussi une foule d’inconvénients en résultaient.

Dans le but de remédier à cet état de chose, une assemblée des anciens amateurs eut lieu et l’on décida, la formation d’un cercle qui prit le nom célèbre de Molière.

Ce nouveau cercle se proposait, sous la présidence de M. Coursolle et la direction de M. J. B. Tremblay non-seulement de s'amuser mais aussi de s'intruire en donnant des conférences. Des

circonstances imprévues l’empéchèrent de mettre ce dernier projet à exécution. Les pièces suivantes furent joue avec beaucoup d’entrain : Robert Macaire; Le fils Adoptif; Les Nuits de la Seine; Une cause celebre ; Le Marquis de " Grenoutllere ; el Andalouma.

Cette année, les conférences ne seront pas laissées de côté et seront suivies. avec intérêt, nous n’en douto: : pas.

D'ailleurs, les citoyens sont fiers de leur cercle et sont Heureux de l’encourager parce que les amateurs qui le composent se sont toujours fait un devoir de leur donner des drames irréprochables, d’une manière digne.

Le comité est composé comme suit :

J. Coursolle, président; J. O. A. Pagé, secrétaire; J. Alfred Naud, gérant; N. N. Poirier, régisseur.

SALLE FAUTEUX. Dernièrement M. Hercule Fauteux, l’un de nos hommes les plus vraiment entreprenants a conçu l’idée de faire un théâtre, situé rue Vinet. Ilen a fait une salle coquette, où les élèves de Mile Boucher ont joué avec succès ainsi que le cercle I,amartine. Cette salle est aussi le lieu de réunion de nos diverses sociétés de bienfaisance.

CLUB LE RAQUETTES : Naguère nous avions deux clubs de raquettes: Le club }£Zfoie et le club des Chasseurs Canadiens, maïs tous deux, si

à. je ne me trompe, sont disparus. La fanfare fon- ‘4 dée par les Chasseurs existe toujours néanmoins 4 et se perfectionne continuellement dans l'art mua sical.

Ce

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