‹ La cité moderneChapitre 278 sur 467 · ÉGOÏSME ET ALTRUISME : FAUSSE DISTINCTION · texte numérisé non relu

ÉGOÏSME ET ALTRUISME : FAUSSE DISTINCTION

Je le dis et redis : la justice est le suprême intérêt.

Ainsi tombe l'antagonisme insensé établi entre les « devoirs envers soi » et les « devoirs envers autrui ».

Ainsi tombe également le parallélisme doucereux et le compromis décevant imaginés par le positivisme : faire à Y « altruisme » sa part, à côté de 1' « égoïsme ».

Non il n'est pas vrai que la justice soit opposée à l'intérêt. Tant s'en faut, puisqu'elle est au contraire l'intérêt suprême.

Non, il n'est pas vrai davantage qu'il y ait dans le cœur humain deux penchants parallèles, en proportion variable, mais en tout cas irréductibles : l'amour de soi et l'amour d'autrui, 1' « égoïsme » et 1' « altruisme ».

La vérité, c'est qu' « autrui » me sauve en s'associant à « moi », et que « je » le sauve en m'associant à « lui ». Nous n'avons, lui et moi, pas de plus grand intérêt que notre association, c'est-à-dire que le réciproque respect de nos personnes et de nos biens, c'està-dire enfin que la justice.

Page 1