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IDENTITÉ dp: la MORALITÉ et de la socialité.

Le christianisme, c'esl l'unité brisée en dualité. La

révolution, c'est la dualité refondue en unité.

D'ailleurs la révolution ne se connaît guère ellemême. Elle continue à se croire dualité, tandis qu'elle est déjà profondément unité.

Voyez la « Déclaration des droits ». Oue dit-elle? Elle dit : droits de V « homme » et du « citoyen ».

Voyez la \ lus philosophique des sections de L'Institut. Comment se nomme-t-clle? Elle se nomme : Académie des sciences « morales » et « politiques ».

Voyez enfin la loi scolaire de notre troisième République, et le principal article de son programme. Comment s'appelle-t-il? Il s'appelle : instruction « morale » et « civique ».

Ainsi ces trois formules mettent d'une part le fait humain, le fait moral, et d'autre part le fait politique, le fait civique.

Qu'est-ce là sinon toujours le vieil et funeste dédoublement, la vieille scission pathologique, le faux dualisme, ébauchés par la décadence païenne, et popularisés par l'apostolat chrétien?

Mais une remarque peut et doit nous rassurer : ce n'est point par sa partie consciente que l'humanité agit et avance: c'est par sa partie inconsciente, ou plutôt infra-consciente, sub-consciente.

Sous la persistance de nos formules dualistes, ïunilè du « moral » et du « social » est plus qu'aux trois quarts faite, — ou refaite.

SYNTHÈSE DU MATÉRIALISME ET DU SPIRITUALISME EN PSYCHOLOGIE ET EN MORALE.

La philosophie de l'homme comprend essentiellement une psychologie et une morale.

Psychologie : quelle est la nature de l'homme ?

Morale : quelle doit être sa conduite ?

Telles sont les deux grandes questions que se pose la philosophie humaine.

Et ces deux questions se réduisent au fond à un parallèle de Y homme et de Y animal, au double point de vue de la mentalité et de la moralité.

La mentalité humaine s'appelle raison ; et la mentalité animale, instinct.

Quel rapport y a -t-il entre la raison et l'instinct ?

Identité ou opposition ?

Le matérialisme répond : identité. Et le spiritualisme répond : opposition.

Ces deux réponses inverses se partagent l'empire des esprits. Et leur conflit paraît insoluble.

Or, du point de vue où nous sommes placés, ce conflit se résout sans effort.

Nous disons, nous, non pas identité, ni encore moins opposition, mais hiérarchie.

Nous disons : l'instinct est la mentalité de ces organismes ordinaires qu'on appelle les animaux physiques ; et la raison est la mentalité de ces organismes supérieurs qu'on appelle les animaux politiques.

Passons à lamorale.

La moralité animale et la moralité humaine s'appellent couramment l'intérêt et le devoir, la violence et la justice, la force et le droit.

L'animal, dit-on, ne connaît, et par conséquent ne pratique que l'un de ces deux modes de conduite, le premier.

L'homme connaît les deux. D'où son embarras. Lequel choisir? Lequel sacrifier à l'autre?

Ici aussi deux réponses se sont produites.

Le matérialisme dit : immolez le droit à la force, et le devoir à l'intérêt!

IDENTITÉ DB LA MORALITÉ ET DE LA 50CIALITÉ. Ml

El l<i spiritualisme dit au contraire : immolez la force ou droit, et l'intérê! au devoir!

Nous rejetons également ces deux réponses. Et nous montrons dans ce débat un immense malentendu.

11 ne s'agit pas du tout en effet de sacrifier l'un de ces deux termes a l'autre. Tous deux sont légitimes, a leur place : ils sont la double loi de tonl organisme.

La force est la loi des rapports externes ; et le droit, la loi des rapports internes.

Ces deux lois sont donc connexes et complémentaires. Elles sontles deux faces, intérieure et extérieure, de l'effort vital.

Aussi coexistent-elles partout et toujours, chez l'animal comme chez l'homme, ou chez l'homme comme chez l'animal .

De sorte que la différence entre l'animal et l'homme n'est pas du tout dans l'adoption exclusive de l'une de ces deux lois, mais dans l'ampleur avec laquelle est pratiquée cette double loi.

Ainsi, soit en psychologie, soit en morale, la thèse matérialiste et Tanti-thèse spiritualiste se trouvent, grâce à notre hypothèse, fondues en une positive et décisive synthèse.

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