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LA SYNTHÈSE CHIMIQUE

Les chimistes, tout le monde le sait, distinguent profondément ces deux mots et ces deux choses : « mélange » et « combinaison ».

Les « simples » se « mélangent » en proportions indéterminées, tandis qu'ils se « combinent » en proportions définies.

Mais ce n'est pas là ce qui nous importe le plus.

Dans le « mélange », les éléments mélangés conservent leur aspect et leurs propriétés. Ils subsistent et persistent tels quels. Ils sont pendant ce qu'ils étaient

avant ei ce qu'ils seront après. Ils rcslcnl les mômes. Ils ne son! point dé-naturés.

Au contraire, dans la combinaison, les éléments combinés perdent leur aspect et leurs propriétés antérieurs. Ils se fondent, s'abîment, et disparaissent dans une substance nouvelle, une substance autre, ayant un autre aspect et de nouvelles propriétés.

11 y a eu changement de nature, dè-naturation.

I le changement foncier est d'ailleurs bien mal exprimé par le mot latin « tvnns-formation » ou par le mot grec « mèta-morphose », — sous réserve pourtant des rapports mystérieux et si mal scrutés encore de la « forme » et du « fond », c'est-à-dire sous réserve de l'interprétation dernière de la vieille doctrine aristotélique.

Quoi qu'il en soit, dans la « combinaison », il y a « anéantissement » de quelque chose, et « création » de quelque chose. Ou mieux : quelque chose a disparu et quelque chose est apparu. Ou enfin : après le phénomène de combinaison, on se trouve en présence de quelque chose de «nouveau», d' « original », d'« inédit. »

Combinaison, association, synthèse, ce ne sont donc pas là de vains mots.

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