NAÏVETÉ DE CE LIVRE
Je sais bien : un dilettante médira : Bah! si le cataclysme social se produit, eh bien, mais... nous ferons comme les « sages » d'autrefois, aux siècles de ïinvasion barbare :
lNTIiODUCTION. IX
Les sages méditaient sur ce second déluge, Ayant leurs livres saints pour cime et pour refuge... Les prêtres, rattachés aux textes, au-dessus Des hommes débordés dans le gouffre aperçus, Laissaient passer sous eux ces mornes avalanches, Pareils à des serpents enroulés dans les branches...
Oui, je sais bien ; mais voilà, je ne suis pas un dilettante. Et je donnerais volontiers quelque chose, peu de chose, ma vie par exemple, pour diminuer de moitié la possibilité du désastre où peut sombrer pour des siècles la civilisation d'Occident.
A défaut de mieux, je donne ce livre qui résume et scelle vingt ans de rêve et de tristesse ardente, toute une jeunesse d'homme méditatif et passionné.
Ce livre déplaira à beaucoup, aux légers et aux tièdes, comme aux ironiques et aux truculents. Il n'importe. Et Voltaire l'a fort bien dit : C'est ne vivre quà demi que de noser penser quà demi.
Un maître regretté nous a donné La Cité antique, bel essai de reconstruction historique. Il faut que quelqu'un nous donne enfin, pour pendant, cette construction dogmatique, La Cité moderne.
Personne n'ose se risquer. Je me dévoue. De mon œuvre caduque le titre est immortel. Du fond de mon impuissance j'aurai du moins fait acte de bonne volonté.