PRÉCÈDE
Dégageons de ces textes les idées essentielles.
Les cellules sont des individus.
Elles naissent, elles se nourrissent et se reproduisent, elles sentent et se meuvent; elles meurent.
Chaque cellule constitue donc une individualité physiologique possédant à elle seule toutes les propriétés essentielles de la vie.
Mais voici : les cellules peuvent s'agglomérer, se grouper, s'associer.
L'ASSOCIATION EN BIOLOGIE. /p
Aussitôt apparaît, dans l'agrégat, le phénomène de la division du travail.
C'est-à-dire que les cellules se spécialisent, et, de similaires, deviennent différenciées.
Et, conséquence nécessaire de la spécialisation, la coordination et la subordination s'imposent.
Sans doute les cellules restent indépendantes, autonomes, chacune fournissant son évolution pour son compte. Mais une collaboration pourtant les relie.
Les Etats-Unis d'Amérique sont, dit-on, tout à la fois « indépendants et coordonnés ». Il faut imaginer ici quelque chose d'analogue, en sachant d'ailleurs qu'en biologie comme en sociologie la fédération comporte bien des degrés, depuis la plus lâche agrégation jusqu'à la plus énergique concentration.
Autonomie et hètèronomie : ce sont là, semble-t-il, choses qui s'excluent. La nature les sait concilier pourtant, et c'est tout simplement là le mystère de l'organisme animal et de l'organisme social.
Dépendance et indépendance : ces deux termes en apparence contradictoires se concilient dans ce que j'appelle interdépendance.
\J interdépendance, impliquée dans la diversification, toutes deux filles de la division du travail, tels sont donc les faits positifs que nous trouvons sous le mot d'organisation soit animale, soit sociale, soit physique, soit politique.
Dès maintenant, donc, nous savons que le mot « organisme » n'est pas un mot vide. Nous savons et que ce mot a un sens, et quel est ce sens. Nous savons que c'est un mot nouveau, fait pour désigner une chose nouvelle.