‹ La cité moderneChapitre 70 sur 467 · LE PROGRES BIOLOGIQUE OU SOCIOLOGIQUE N EST D'AILLEURS PAS LINÉAIRE · texte numérisé non relu

LE PROGRES BIOLOGIQUE OU SOCIOLOGIQUE N EST D'AILLEURS PAS LINÉAIRE

J'ai dit : filiation ininterrompue.

Mais le mot « filiation » exige un double correctif.

D'abord, je n'entends pas du tout que le progrès biologique soit linéaire. On a cessé de croire que Là faune fut le prolongement de la flore, c'est-à-dire que le plus parfait des végétaux eût pour supérieur hiérarchique immédiat le plus imparfait des animaux. Mais il faut aussi s'abstenir de croire que, du plus imparfait au plus parfait des animaux, il y ait gradation régulière. La nature ne procède pas ainsi. Son génie n'est pas rectiligne. Les zoologistes doivent bien s'en douter un peu, d'après les difficultés qu'ils trouvent à établir leurs classifications. Rien en effet peut-être de plus artificiel, au fond, que les groupements qu'ils nous proposent. La raison en est, je crois, qu'en somme ils n'ont pas de critère. Quoiqu'il en soit, la faune se joue de leurs cadres. C'est que la faune n'est pas un arbre, mais bien une forêt.

Rien de linéaire et de rectiligne. Ni la géométrie plane, ni même la géométrie dans l'espace ne sau* raient encadrer cette végétation touffue, qui semble se répandre au hasard, comme les mousses sur le tronc des vieux chênes, ou comme les archipels d'étoiles dans les profondeurs de l'immensité.

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