‹ La classification des enfants anormauxChapitre 1 sur 10 · BOUGHT WITH MONEY RECEIVED FROM THE SALE OF DUPUCATES · texte numérisé non relu

BOUGHT WITH MONEY RECEIVED FROM THE SALE OF DUPUCATES

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Classification des Enfants Anormaux

La question des anormaux est à l'ordre du jour, de toute part surgissent des travaux qui l'étudient sous l'une ou l'autre face. Des communications variées sont faites dans des congrès spéciaux : Congrès d'Assistance (Anvers-Bordeaux [1902-1903]), Congrès de Neurologie et Psychiatrie (Bruxelles 1903), d'Hygiène scolaire (NUremberg-Paris), de Psychologie (Rome 1905), de Pédagogie (Liège 1905), d'Éducation (Liège), même de Statistique (Budapesth 1903) ('). Les gouvernements eux-mêmes s'en préoccupent; ainsi suivait l'exemple d'autres pays on vient de nommer en France une commission ministérielle pour étudier le prohlème.

C'est que de plus en plus on entrevoit l'importance énorme, que les travaux de cet ordre peuvent présenter au point de vue de la prophylaxie den deux maladies qui,

(') T. Dbcboly. Lbt, MiBHBiMEB, Fbbbabi. KappoH mir les enfants anormaux au Congrès li' Ani:era. 1903.

V. JAcqtTiN, Ilnpport sur Vaitaislanet et l'idiicalion dts enfants arriérés au Congrès de Bordeaux, 1903.

V. Rapporta nu Canyj-fx de Nuremberg [Hgyiine scolaire) 190i. etc.

socialement parlant, ont le plus de gravité : à savoir le crime et la folie. Parmi les points multiples qui sont soulevés le plus fréquemment, l'un de ceux qui attire d'abord l'attention est celui qui se rapporte à la classification.

Et cela se comprend aisément lorsqu'on songe à ce que représente la classification dans une science quelconque.

Étant en rapport avec le degr** de développement que cette science a acquis, elle marque le point où celle-ci est arrivé, elle en est pour ainsi dire la quintessence. Elle constitue en outre un instrument important de progrès par la raison qu'elle facilite la description précise des faits et qu'elle permet d'étendre le profit à ceux qui n'ont pu les observer.

En ce qui concerne les anormaux, ce problème, urgent, car de sa solution dépendent les mesures à prendre, est peu aisé à résoudre, notamment pour la raison que je signalais à Anvers (') : ceux qui s'occupent de ces enfants en approchent avec une mentalité souvent très différente, résultant de la profession qu'ils exercent et du rôle qu'ils ont à jouer auprès d'eux; de là de nombreux termes dont le sens est peu défini et dont on s'est servi dans des acceptions parfois très différentes.

Le terme anormal lui-même n'est pas encore bien précis et n'éveille certes pas des idées concordantes dans l'esprit des divers auteurs qui l'emploient.

En effet, alors que pour les uns il ne s'applique qu'aux sujets atteints de troubles intellectuels, il désigne pour d'autres, et avec raison, semble-t-il, tous les êtres qui présentent une anomalie quelconque, capable d'entraver leur adaptation au milieu dans lequel ils sont destinés à vivre. Cette définition, voisine de celle adoptée par M. le Prof. De Moor, par exemple, est celle que j'ai préconisée su Congrès d'Anvers. Cependant le mot anormal ayant un

sens péjoratif, il vaudrait mieux à mon avis lui substituer un mot aussi général mais ayant une portée moins disqualifiante.

Si on se place maintenant au point de vue des clasaiëcations se rapportant à la catégorie des anormaux (disons irréguliers), intellectuels, la plus intéressante et la plus nombreuse, on constate qu'il existe presque autant de modes de groupement, qu'il y a d'auteurs qui ont écrit à ce propos; chacun d'eux pour ainsi dire, a adopté un point de départ distinct; tantôt c'est la causo, l'étiologie que les auteurs prennent comme base, tantôt c'est l'anatomie ou la morphologie, tantôt, chose plus fréquente, c'est la symptomatologie sous ses différentes faces psychologique, psychiatrique, même sociale ou thérapeutique et médicopédagogique; le plus grand nombre cependant, cherchant à être le plus complet possible, adoptent des classements mixtes où ils tiennent compte de plusieurs éléments.

Les nomenclatures diffèrent encore, suivant qu'elles envisagent tout le groupe des irréguliers des fonctions mentales, ou qu'elles ne s'occupent que d'une partie d'entre eux, les formes graves ou les cas légers; ces dernières, plus récentes, présentent surtout de l'intérêt et je m'attarderai un peu à les analyser; elles sont le signe d'une évolution dans nos connaissances sur le problème si complexe et si intéressant des irréguliers mentaux et cette question de mots mérite d'être serrée de près.

Mon but principal en rapprochant ainsi les divers types de classification, est de montrer les difficultés qui résultent du grand nombre de nomenclatures existantes, de la grande variété de termes et surtout de leurs multiples acceptions; de la confusion fatale qui en est la conséquence et de l'urgence qu'il y a de provoquer un accord sur les bases d'un classement qui puisse se généraliser et dont la souplesse soit telle qu'il englobe tous les cas possibles.

CLASSIFICATIONS ÉTIOLOGIQIJES.

Parmi lea classiâcations, les premières qui se présentent dans l'ordre logique, sont les ctassîâcations étiologiqnes : la plus simple est celle de Tanzi (') qui distinguo l'idiotie et la faiblesse intelUctudU {V imbécSlitf) et attribue la première à une lésion cérébrale (cérébropathique), la seconde à une anomalie dégénérative biopathique.

Santé de Sanctis fait remarquer toutefois, qu'avec Lugaro, Tanzi a une tendance à reconnaître chez la grande majorité des anormaux intellectuels (phrénasthéniques), un élément pathologique et à élargir le cadre de l'idiotie aux dépens de celui de l'imbécillité.

Un autre psychiatre italien, Pellizzi('), distingue parmi les idiots eux-mêmes, trois catégories en se basant sur des données identiques :

1° Les idioties, par défaut de développement du cerveau, ou idiotie de cause endogène (mîcrocéphalie vraie, anomalies diverses du développement cérébral et du cortex, tumeurs cérébrales, crétinisme). Ce groupe confient surtout les idioties avec épilepsie essentielle et se caractérise au point de vue clinique par le cortège suivant : grave hérédité neuro-psychopathique, nombreuses anomalies physiques de développement, lésions diffuses de la motilité, perversions psychiques, dégénérescence morale, épisodes psychopathiques, délires paranoïdes, talents partiels.

2" Les idioties par processus pathologiques du cerveau.

Shuttleworth (') propose également une classification étiologique; il fait deux groupes parmi ce qu'il appelle les • mentally déficient Children , (enfants défectueux mentaux).

(■) Tâkzi, Sui Tayporti delta certbt opUgia tnfantiU can l'i ISiv. di palh. Htrvag e menl., Magffo, 1899).

(») Pbllizzi, Annali di freniatria r icirnzf affini.

(») SBDTri.BWOBTH, Metilally déficient Children, 1900, Traduite] çdis par Le;.

2* Par Buite d'accident .

a) Ceux dont l'anomalie résulte d'un défaut de développement [congénitaux) dans lesquels il range les cas de microcéphalie, d'hydrocéphalie, de type mongol ou de scrophulose (avec hémorrhagie méningée), de paralysies congénitales, de crétinisme, d'hérédité névropathique.

b) Ceux dont l'anomalie résulte d'un processua inflammatoire ou dégénératif (non congénitaux et ayant pour cause une lésion) :

/ Eciamptiquee (1" ou 2" dent), 1° Par «Têt de développe- ) , arrêt de développement.

ment ) Épileptiquea (l"-2" dent).

! Syphilitiques (hérédîtairea).

ÎTraiimetiques I LéBione inflam- PoBt-fébrileB | m&toires.

Avec Fletcher Beach (<) il a publié une autre classification peu différente de celle-ci et basée sur les mémea éléments :

I Microiiéphalie.

j Hydrocéphalie.

1' Anomaliefl conirénitales . . < tjcaphocéphalie.

(Type mongol (anomalie du petit doigt).

,' CrétiniBme aporadique (myxcedë- I niateux).

^ , ,. - . 1 Eclampsie convulsive (hémorraeie

2° Anomalies apparaissant 1 .a .■ l

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